Magazine Transatlantique - Février 2003 - 1

(Version abrégée)

 

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Numéro spécial

Février 2003-Mars 2003

13e année

Le G8, le NEPAD, le Canada et l'Afrique

Magazine Transatlantique

 

Le développement, la francophonie, le monde et nous

 

Le G8 et le NEPAD

 

 

1253 McGill College, suite 232

Montréal, Québec, Canada, H3B 2Y5

Tél.:

(514) 874-8344

Télécopie:

(514) 878-4553

Courriel:

info@magazinetransatlantique.com

Canada 5$, Afrique (zone CFA) 1600 CFA, Belgique 150 FB, États-Unis 5$, France 18 FF, Maroc 20 DH, Suisse 6 FS

 

RÉDACTION

 

ÉDITEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF

 

Kanyurhi T. Tchika

 

CONSEILLÈRE À LA RÉDACTION

 

Mercédès Durosel

 

ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO

 

???

 

INFOGRAPHIE

 

Serge Fortin (SF TEXT): Tél.: (514) 284-6050

Internet: http://www.sftext.com/

E-mail: info@magazinetransatlantique.com

 

REPRÉSENTATION

 

Afrique

Richard Oyourou

Immeuble Amiral, rue du Commerce

16 B.P. 1521 Abidjan 16 Côte d'Ivoire

Tél.: (225) 32 20 88

 

Europe

Caya Makhele

Me Hamuli Rety, Paris, France

Mya Carson, Paris, France

 

ADMINISTRATION

 

PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL

 

Kanyurhi T. Tchika

 

DIRECTRICE ADMINISTRATIVE

 

Andrée Dubois

 

DIRECTEUR DES RELATIONS PUBLIQUES

 

Moïse Mougnan

 

Dépôt légal: ISBN387802

Bibliothèque Nationale du Québec

Bibliothèque nationale du Canada

Numéro spécial

 

  1. Éditorial
  2. Le Canada accorde 10 millions de $ can à la Banque africaine de développement pour soutenir le NEPAD
  3. Le NEPAD et le rôle de la Banque africaine de développement
  4. M.Charles Konan Banny, gouverneur de la BCEAO
  5. Mondial de l'entreprenariat
  6. Socere Lambert Somec - SLC
  7. Faculté Saint-Jean, University of Alberta
  8. CIMA International
  9. En bref
  10. Index de publicité et messages:
    1. ?

 

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EDITORIAL

 

Le G8, le NEPAD, le Canada et l'Afrique:

un témoignage après un voyage sur le continent

 

Par Kanyurhi T. Tchika

 

M. Kanyurhi T. Tchika et Boutros Boutros-Ghali, ex-Secrétaire général des Nations-Unies et de la Francophonie

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Lors du Sommet du G8, qui a eu lieu à Kananaskis, province de l'Alberta au Canada, le Magazine Transatlantique a présenté son point de vue à plusieurs médias canadiens et internationaux dont le Groupe TVA du Conglomérat Québécor, l'une des plus importantes entreprises de presse au Canada: du 15 au 17 avril 2002, j'ai participé à Dakar au Sénégal, à la conférence sur le secteur privé et le financement du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).

Dès notre arrivée à l'aéroport Léopold Sédar Sengor de Dakar, on sentait que la ville était en fête, en ébullition et que le gouvernement sénégalais avait pris tous les moyens pour rendre la vie agréable à ses hôtes. À notre descente d'avion, une pancarte invitait les voyageurs venus pour le NEPAD à se mettre à l'écart des autres. Nous fûmes aussitôt pris en charge par de belles hôtesses qui nous conduisirent au salon d'honneur de l'aéroport pendant que des agents du gouvernement sénégalais s'occupaient de nos formalités d'immigration.

Au salon d'honneur, où des rafraîchissements nous furent servis, nous fûmes informés qu'il était impossible de trouver une chambre d'hôtel: la capacité hôtelière de Dakar, l'une des plus importantes de l'Afrique francophone était dépassée. On finit par nous trouver de la place dans des appartements meublés de plus en plus nombreux à Dakar qui accueillent des coopérants et des touristes pour des séjours beaucoup plus longs et plus intimes.

Les opérateurs économiques du monde entier avaient donc positivement répondu à l'invitation du Sénégal et d'autres pays africains pour discuter du financement du NEPAD avec une vingtaine de chefs d'États africains.

 

Une sous-représentation canadienne

 

Plus de mille participants étaient présents à la Conférence en provenance de l'extérieur du continent africain dont de Singapour et de l'Inde. La délégation des États-Unis d'Amérique était la plus importante avec plus de 250 personnes, dont la moitié des Africains-Américains, parmi lesquels il y avait M. Rodney E. Slater, ancien ministre des Transports sous la présidence de Bill Clinton.

Le Canada, quant à lui, était représenté par moins de dix personnes. Une chose d'autant plus étonnante que quelques jours auparavant le Sénégal avait accueilli M. Jean Chrétien, premier ministre du Canada et président du G8, qui allait donner suite aux propositions des dirigeants africains dans le cadre du NEPAD. D'aucuns, dont plusieurs officiels africains ont déploré que le premier ministre du Canada n'ait pas laissé à Dakar un ministre ou même un conseiller suivre les travaux sur le financement du NEPAD. M. Ndiaye, ancien étudiant à Montréal, Président de la Ba Eau Bab, une entreprise qui embouteille l'eau au Sénégal avec l'aide des partenaires canadiens, regrettait aussi la timidité des officiels et des hommes d'affaires canadiens.

Lors de la séance première de la Conférence, je suis intervenu pour parler de notre magazine et de l'expertise du Canada dans différents domaines et qui peut être très utile à l'Afrique. Après la séance, je fus envahi par une foule de gens qui voulaient en savoir davantage sur le Canada , un pays très aimé en Afrique, mais mal connu. Ils furent surpris de découvrir à travers notre magazine l'expertise canadienne en matière de recherches et technologies, la Révolution tranquille québécoise et d'autres réalisations canadiennes en matière d'économie et de démocratie dont l'Afrique peut s'inspirer.

J'ai eu l'occasion de rencontrer les quelques représentants des entreprises canadiennes présentes à Dakar, dont SNC-Lavallin, qui n'est devenue une grande entreprise que grâce à des contrats sur le continent africain à la fin des années 1970.

 

Dirigeants du G8 avec les dirigeants africains promoteurs du NEPAD

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Le cas le plus intéressant est celui de Lambert SOMEC Inc. de Québec qui a décidé de créer un partenariat durable avec l'Afrique, en créant une filiale à Dakar avec un partenaire sénégalais SLS (Socere Lambert SOMEC) dans laquelle elle a investi quelques millions de dollars. Le Président de SLS, Richard Normand, et vice-président de Lambert Somec est installé de façon permanente à Dakar où il s'occupe de la construction d'une ligne d'électrification de 500 km qui va du Nord du Sénégal à la capitale de la Mauritanie financée par la Banque africaine de développement. Le Sénégal et sa région ont des problèmes d'énergie électrique indispensable au développement économique. Nous espérons que dans ses prochains projets, l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI) saura tenir compte de l'expertise du terrain africain de SLS où l'on privilégie de plus en plus la coopération nord-sud combinée à la coopération sud-sud et régionale.

 

Coopération Sud-Sud et régionale

 

Pour plusieurs personnes, le NEPAD est un programme conçu et proposé par les présidents Bouteflika de l'Algérie, Mbeki d'Afrique du Sud, d'Obasanjo du Nigeria et de Wade du Sénégal auxquels on a ajouté Mubarak d'Égypte pour représenter les grandes régions du continent.

Il traite de la bonne gouvernance, de l'ouverture de l'Afrique aux marchés extérieurs, des investissements privés et publics et du développement des infrastructures industrielles en Afrique.

Les ONG reprochent au NEPAD de n'avoir pas consulté la société civile et de ressembler à des programmes proposés à l'Afrique par la Banque mondiale et par le Fonds monétaire international qui ont échoué. C'est en partie vrai, mais il faut tenir compte du changement de mentalités en Afrique où la démocratie est de plus en plus présente et où le secteur privé se développe petit à petit. L'environnement international a ainsi évolué au point où la Banque mondiale et le FMI reconnaissent aujourd'hui leurs erreurs sur le continent et croient que le développement du continent doit venir des Africains eux-mêmes.

Lors de notre séjour au Sénégal et dans d'autres pays africains, nous nous sommes entretenus avec des chefs d'États, des ministres, des chefs d'entreprises, des groupes des femmes et d'autres membres de la société civile. Une certaine convergence s'est dégagée en ce qui concerne le contenu que les Africains veulent donner au NEPAD: la coopération sud-sud, régionale et sous régionale, l'intégration des femmes et de l'économie informelle au mécanisme de développement, la création des industries et promotion de l'Afrique, et de ses produits dans le monde l'utilisation de la diaspora africaine et la paix, spécialement au Congo-Zaïre et en Angola.

Les Africains veulent de plus en plus voir des pays africains transmettre leurs expertises à d'autres. Ils sont d'avis qu'il est plus facile d'imiter la stratégie de développement d'un voisin que d'un pays lointain dont la culture leur est totalement étrangère.

Lors de la réunion de Dakar, le ministre marocain du Commerce, que nous avions déjà rencontré à Casablanca lors d'un voyage avec le ministre canadien du Commerce extérieur, a proposé l'expertise marocaine dans certains domaines à d'autres pays africains.

On se souviendra qu'une entreprise de Montréal SEMAFO s'est associée à l'ONA, la plus importante entreprise privée marocaine, pour exploiter des mines en Afrique de l'Ouest. C'est une expérience très appréciée sur le terrain.

L'Île Maurice, dans l'Océan Indien a réussi a créer des conditions de décollage économique à partir d'exportation du textile, du tourisme, de l'intégration aux nouvelles technologies de l'information et du développement du système bancaire et des zones franches. Ses dirigeants que nous avons rencontrés à Dakar veulent que leurs expertises soient transmises à d'autres pays africains.

Dans une Afrique où sévît encore le marasme économique, on note la formidable réussite des institutions financières régionales ou sous régionales. C'est le cas de la Banque africaine de développement (BAD) qui a l'une des côtes de crédit les plus importantes du monde et de la Banque des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) qui a fêté en 2002 son 40e anniversaire.

Ayant constaté qu'il était plus sage de mettre ensemble les ressources pour régler leurs problèmes économiques et monétaires, des ex-colonies françaises de l'Afrique de l'Ouest décidèrent de créer en 1962, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Sa monnaie, le Franc CFA, eut une parité fixe avec le Franc français. Lors du passage à l'Euro, la France et les pays concernés ont réussi à obtenir une parité fixe entre le Franc CFA et l'Euro.

À part la dévaluation de 1994, le Franc CFA a permis aux pays membres d'éviter les problèmes monétaires des voisins comme le Ghana et le géant nigérian.

Des ex-colonies portugaises comme la Guinée Bissau se sont jointes à la zone CFA. On dit que le Ghana serait aussi intéressé, mais cela ne plairait pas au Nigeria qui y verrait un triomphe des pays francophones. Lors de la conférence de Dakar, le Président Obassanjo du Nigeria a avoué que dans 10 ans l'Afrique de l'Ouest aurait une monnaie commune.

Il est claire que la monnaie unique Ouest-Africaine ne pourra que s'inspirer de la BCEAO et du franc CFA, d'autant plus que son système a produit un personnel très qualifié dont certains membres sont devenus premiers ministres, ministres des Finances dans leurs pays respectifs ou occupent de hautes fonctions au sein de la Banque mondiale ou du FMI. Le fait que l'actuel gouverneur de la BCEAO, M. Charles Konan Banny, originaire de la Côte d'Ivoire, ait été choisi pour relancer une nouvelle compagnie aérienne sur les cendres d'Air Afrique prouve combien les autorités politiques et les opérateurs économiques ont confiance dans la BCEAO et dans son personnel où l'on trouve de plus en plus de femmes.

 

Intégrer les femmes au mécanisme de développement

 

Dans les zones rurales en Afrique, les femmes produisent la majorité des produits vivriers pendant que les hommes s'occupent de certaines cultures d'exportations. Dans les villes, à l'époque coloniale, les femmes des fonctionnaires devaient rester à la maison comme la femme des colons. Avec la crise économique, les femmes des villes africaines ont dû souvent travailler ou faire de petits commerces pour nourrir leurs familles. Ces citadines de l'économie informelle et les agricultrices sont souvent oubliées par les statistiques officielles alors qu'elles produisent la part la plus importante de l'économie de plusieurs pays. Leurs conditions de vie sont souvent difficiles. De plus en plus, elles ont pris conscience de leurs forces et veulent changer leur vie. Certaines deviennent de grandes commerçantes qu'on surnomme Nana Benz par allusion à des voitures Mercédes Benz qu'elles conduisent.

Notre numéro sur la condition féminine au Canada, produit avec l'appui de Mme Robillard, présidente du Conseil du Trésor du Canada, a remporté un franc succès au Sénégal et dans d'autres pays africains. Plusieurs groupes de femmes africaines nous ont demandé de les mettre en contact avec des organisations féminines canadiennes. C'est le cas du Groupement d'intérêt économique PASTEF du Sénégal dirigé par Kiné Kara, une dynamique femme d'affaires qui veut un partenariat avec le Réseau des femmes d'affaires du Québec et créer un lien d'échanges entre femmes d'affaires canadiennes et africaines pour la promotion des produits africains au Canada.

 

Création d'industries et promotion de l'Afrique et de ses produits

 

Lors de la Conférence de Dakar, la plupart des participants dont plusieurs chefs d'États ont souligné la mauvaise image de l'Afrique dans le monde qu'il faut à tout prix détruire. Le Président sénégalais, M. Wade a souligné que 1 à 2 % des investissements internationaux en Afrique servent souvent à couvrir des risques comme les nationalisations qui n'existent plus sur le continent. On a tendance à exagérer les défauts de l'Afrique et à sous-estimer ses qualités, ses réussites. L'Afrique dispose d'importantes matières premières qui peuvent servir à l'industrialisation et des compagnies internationales auraient intérêt à y investir pour fabriquer des produits exportables sur les marchés internationaux. Les États-Unis s'intéressent de plus en plus au pétrole africain dont les découvertes se font de plus en plus nombreuses, surtout au bord de l'océan Atlantique et dans le bassin du Congo. On ne peut pas oublier les importants gisements de diamants, d'or, de cobalt, de « coltan » et d'autres minerais dont les populations africaines ne profitent pas assez. La forêt, l'agriculture et la pêche peuvent aussi être bases des industries en Afrique.

Les industries culturelles africaines ont un potentiel de plus de 100 milliards de dollars pas encore très bien exploité et rentabilisé. Récemment, l'Agence France-Presse soulignait que le Nigeria est le deuxième producteur de films au monde après l'Inde et avant les États-Unis. C'est une industrie qui reste artisanale avec des vidéocassettes-maisons très populaires qu'on peut avec un peu d'investissements rendre professionnelles. Aujourd'hui, tout le monde reconnaît que la musique africaine a été à la base de l'envahissante musique américaine. Elvis Presley et les Rolling Stones ont admis avoir commencé leurs brillantes carrières en interprétant des chansons noires américaines. La musique du Congo-Zaïre s'impose sur l'Afrique subsaharienne, mais il manque de structures pour la rentabiliser.

Il faut faire la promotion de produits africains et de la créativité africaine à travers le monde, et spécialement, en Occident. C'est en parvenant à produire des articles de bonne qualité à moindre prix que l'Afrique peut rééditer l'exploit des pays de l'Asie du Sud-est en provoquant le développement économique. Des centres de promotions de produits africains devraient être créés dans des pays développés. Nous essayons d'en créer une au Canada. Dans cette opération, l'apport de la diaspora africaine peut être important.

 

De Jean-Jacques Dessalines à Colin Powell: un rôle important pour la diaspora africaine

 

Jusqu'au 15e siècle, l'Afrique avait un niveau de développement égal à celui de l'Europe ou de l'Asie. De l'Égypte pharaonique, dont la négritude, a été brillamment prouvée par le professeur Cheik Anta Diop dont l'université de Dakar porte aujourd'hui le nom aux royaumes berbères de l'Afrique du Nord, dont celui de Carthage qui menaça l'empire romain avec son célèbre chef Hannibal qui convertis au Christianisme ont produit des saints aussi célèbres que Saint Augustin et après être passés à l'Islam ont conquis l'Espagne où ils ont érigé une brillante civilisation très tolérante pour les Chr.tiens, les Musulmans et les Juifs, de l'empire de Moroë et de la Nubie, de la reine Cadance, qui mit en déroute les armées romaines, à la civilisation Éthiopienne jusqu'au royaume du Zimbabwe, qui a laissé d'importantes ruines architecturales, jusqu'aux empires du Congo et du Mali. L'Afrique avait toujours réussi à développer à différents endroits et durant des millénaires de brillantes civilisations. On raconte qu'au 13e siècle, Kanka Moussa, empereur du Mali, dont le pays avait créé des universités, dont celle de Tombouctou avant la plupart des pays européens et qui aurait, après selon certaines études, envoyé des explorateurs en Amérique avant Christophe Colomb, avait distribué beaucoup d'or lors de son pèlerinage à la Mecque au point que le prix de l'or chuta pendant un siècle.

 

Les Portugais rendant hommage au Roi du Congo (F. Pigafetta, Regnum Congo Hoc Est Vera Descriptio, 1598)

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On se souviendra aussi qu'au 15e siècle, le Royaume du Congo envoyait des ambassadeurs au Portugal et au Vatican, et que Don Henrique, fils du roi du Congo, fut sacré évêque à Rome en 1518. Le royaume du Congo avait envoyé plusieurs étudiants en Europe au point que d'aucuns soutiennent que Mathieu Dacosta, compagnon et interprète de Champlain avec les Indiens, auraient été d'origine congolaise.

La découverte de l'Amérique et le massacre des Indiens débouchèrent sur l'esclavage des Noirs comme main d'oeuvre, qui désorganisa le tissu économique et social de l'Afrique et donna naissance à un traumatisme dont l'Afrique et sa diaspora ont encore de la peine à se débarrasser. Le plus grand crime de l'histoire humaine, la Traite négrière a donné, malgré elle, naissance à de fortes personnalités qui ont fini par transformer les Amériques et ont créé des relations avec l'Afrique.

Jean-Jacques Dessalines, né en Guinée vers 1758, comme le soulignent tous les bons dictionnaires, dont le dictionnaire Larousse, fut amené comme esclave à Saint-Domingue. Inspiré par la révolution française de 1789, Dessalines créa une unité de combat des esclaves qui luttaient pour leur liberté et qui s'intégra au mouvement de Toussaint Louverture dont il devient l'adjoint. Le gouvernement français, issu de la Révolution, reconnut la légitimité de la lutte en 1794 en abolissant l'esclavage et en nommant Toussaint Louverture et Dessalines au grade de général et à la tête du commandement militaire de l'île. En 1802, Napoléon Bonaparte, devenu Consul à vie après son coup d'État de 1799, rétablit l'esclavage et écarta de l'armée le général Dumas, père de l'écrivain Alexandre Dumas dont les cendres viennent d'être transférées au Panthéon français et qui avait fait traduire en français les oeuvres de Pouchkine, le plus grand poète russe qui comme lui avait aussi des ancêtres africains. Pourtant, le général Dumas, comme le soulignaient M. Claude Schopp dans un numéro spécial du Magazine littéraire de septembre 2002 et Mme Mercédes Durosel dans un article publié dans le Devoir de Montréal intitulé « Salut Alexandre Dumas mon frère », avait fait une carrière militaire exceptionnelle avec Napoléon, qui l'avait connu quand jeune officier le petit Corse Napoléon maîtrisait à peine le français. On note que le général Dumas, né à Jérémie d'une mère esclave noire, Marie Cessette Dumas, et d'un père aristocrate français, Davy de la Pailletterie, et qui avait décidé de prendre le nom de famille de sa mère en solidarité avec elle, même si son père l'avait reconnu, a été commandant de la cavalerie de l'armée française et a réussi en 1797 à arrêter seul un corps d'armée autrichien sur le pont de Klausen. Durant la même année, à Saint-Domingue, Dessalines réussissait à repousser les armées anglaises qui voulaient envahir l'île. Pour punir Toussaint Louverture et ses compagnons qui refusaient le rétablissement de l'esclavage, Napoléon envoya en 1802 le général Leclerc, mari de sa soeur Pauline, reconquérir l'île. Toussaint Louverture fut arrêté et déporté en France où il mourut au Fort de Joux en avril 1803. Le général Leclerc était mort quelques mois auparavant d'une maladie tropicale et fut remplacé par Rochambau, qui avait commandé les troupes françaises envoyées appuyer la lutte pour l'Indépendance des États-Unis en 1776. À l'annonce de sa mort, Dessalines décida d'entamer le combat final contre le colonisateur français et jura avec ses camarades de mourir libre plutôt que de redevenir esclave. On pense qu'il aurait lancé alors une phrase qui est devenue quelques années plus tard le cri de ralliement de tous les révolutionnaires du monde: « La patrie ou la mort, nous vaincrons. ». Et il vainquit la plus puissante armée de son époque et devint ainsi le premier esclave au monde à fonder un pays en faisant l'indépendance de Saint-Domingue sous son nom amérindien d'Haïti en 1804.

 

Jean-Jacques Dessalines

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En 1806, Dessalines fut assassiné sur ordre de Christophe et de Pétion, deux de ses adjoints, qui avaient conspiré avec les anciens colonisateurs qui ne supportaient pas l'indépendance d'esprit de quelqu'un qui se souvenait encore de sa liberté en Afrique et qui aurait eu l'intention d'aller libérer sa terre natale. Ce parricide a été le commencement de malheurs d'Haïti qui continuent jusqu'aujourd'hui, et qui a malheureusement fait des émules plus d'un siècle plus tard en Afrique indépendante. Mais l'esprit de Dessalines a traversé les Amériques et a atteint même le continent mère. Simon Bolivar s'en est inspiré pour faire l'indépendance de la plupart des pays de l'Amérique latine, une situation qui a poussé les États-Unis à abolir l'esclavage en 1865.

Comme le soulignait Corretta Scott-King, veuve de Martin Luther-King, lors du premier Sommet africain, africain-américain, en 1991, l'Occident et, notamment, les États-Unis ont le devoir moral d'aider l'Afrique à se développer d'autant plus qu'ils ont entravé sa marche normale à cause de l'esclavage qui a développé leurs économies.

Depuis que les Noirs américains sont devenus économiquement et politiquement puissants, ils n'ont cessé de s'intéresser au développement de l'Afrique. On se souviendra que c'est le Lobby Transafrica de Randall Robinson qui a fait imposer des sanctions économiques à l'Afrique du Sud contre l'Apartheid en 1986 qui ont conduit à la chute du régime et à la libération de Mandela en 1990. M. Robinson a joué aussi un rôle capital dans le retour du Président Aristide au pouvoir en Haïti en 1993.

En avril 1991, j'étais de la délégation américaine au premier Sommet africain/africain-américain qui marquait officiellement le rétablissement des relations entre l'Afrique et sa diaspora américaine. 10 ans plus tard, les efforts du Sommet ont conduit à la promulgation par le parlement américain de la Loi sur l'investissement et la croissance en Afrique (AGOA) qui libéralise l'entrée de certains produits africains dont le textile sur le marché américain.

D'aucuns pensent que les événements du 11 septembre auraient embrassé l'Amérique s'ils s'étaient produits dans les années 1970: les Black Panthers et même des militants comme Mohammed Ali auraient été du côté de Ben Laden. Intégrés économiquement et politiquement, bien qu'il y ait encore beaucoup de pauvres parmi eux, les Noirs américains sont devenus des citoyens à part entière fiers de leur pays. On ne peut pas passer sous silence le fait que pour la première fois de l'histoire, l'Afrique trouvera au sein des responsables du G8, deux personnalités d'ascendance africaine dont le Secrétaire d'État américain Colin Powell et la ministre du Développement international de la Grande-Bretagne la Baronne Amos originaire des Antilles.

Le Canada dispose d'une importante diaspora africaine qu'il n'a pas encore su utiliser. Des cadres d'Afrique francophones en rupture avec certains régimes africains ont décidé de s'installer au Canada qu'ils préfèrent à « l'impérialisme américain » et au « néo-colonialisme français ».

Des chefs d'États et de hauts fonctionnaires d'Afrique francophone envoient leurs enfants étudier plus à Montréal qu'à Paris pour qu'ils puissent apprendre la technologie nord-américaine en français.

D'anciens étudiants africains ont choisi de rester au Canada et y faire leur carrière professionnelle. C'est le cas de M. Ibrahim Dia d'origine mauritanienne devenu Vice-président à la Banque Royale pour la province de l'Ontario après des études universitaires au Québec. M. Mamadou Hamidou Abdou, originaire du Niger est vice-président de CIMA+ international, une importante firme de génie-conseil.

Le Canada aurait donc intérêt à consulter ses citoyens d'origine africaine pour élaborer sa politique africaine, notamment en matière d'investissements et de paix sur le continent.

 

La Paix au Congo-Zaïre, en Angola et en Côte d'Ivoire

 

Lors de la Conférence de Dakar d'avril dernier sur le NEPAD, quand on avait demandé au Président Obassanjo d'expliquer l'absence du Président Mbeki d'Afrique du Sud, il répondit que le Président Sud africain s'occupait de la paix au Congo-Zaïre, une question aussi importante que le NEPAD. C'était au moment où il y avait le dialogue intercongolais en Afrique du Sud dont les résultats se sont révélés très décevants à cause de l'incompétence et de l'inconscience de la classe politique.

Comme on peut le constater, aucun pays de l'Afrique centrale n'est impliqué dans la conception et l'exécution du NEPAD. Et pourtant, l'Afrique centrale et, spécialement, le Congo-Zaïre et l'Angola recèlent la plus grande partie des richesses minières agricoles et forestières du continent dont on ne peut pas se passer pour son développement.

Avec la mort de Savimbi, longtemps soutenu par l'Occident, par Mobutu et le régime de l'Apartheid, l'Angola va vers une période de réconciliation nationale et de paix que la Communauté internationale doit soutenir, d'autant plus que l'Angola a évité au Congo-Zaïre de tomber tout entier dans les griffes du régime féodal et monoethnique tutsi du Ruanda qui se moque de toutes les lois internationales.

En ce qui concerne le Congo-Zaïre, actuellement un géant de 60 millions d'habitants aux pieds d'argile, il lui faut d'urgence un plan de sortie de crise pour mettre fin à la guerre qui a déjà fait plus de 5 millions de mort dans l'est du pays dans l'indifférence de la Communauté internationale.

En septembre 2002, sous la pression des États-Unis et spécialement du Secrétaire d'État Colin Powell, qui est très sensible aux malheurs de l'Afrique, un accord de partage de pouvoir a été signé entre les différentes fractions impliquées dans le drame du Congo-Zaïre. Mais, cet accord a de la peine à s'appliquer d'autant plus que toutes les parties sont de mauvaise foi et souhaitent garder le contrôle de leurs morceaux de pays conquis grâce à des armées étrangères. Il serait intéressant de réagir rapidement en envoyant 10,000 soldats de plus des Nations-Unies pour sécuriser la frontière Est du pays et aider à l'organisation des élections dans moins de 6 mois: sans une autorité légitime démocratique, il est illusoire de penser à la fin de la guerre, à la réconciliation nationale et au redémarrage économique. Les différents régimes de transition depuis 1990 n'ont fait qu'aggraver la situation du pays jusqu'à l'absurde guerre actuelle.

La Côte d'Ivoire, un pays capital en Afrique de l'Ouest, doit aussi retrouver la paix si on veut le développement de l'Afrique. La France, qui a aidé à la conclusion des derniers accords de paix, doit chercher à les faire appliquer sans humilier le gouvernement en place.

 

Un contexte favorable au développement de l'Afrique

 

L'Afrique a pris conscience que son développement doit être endogène et se démocratiser de plus en plus. Mais, elle sait qu'elle a aussi besoin de l'extertise internationale. Le Sommet du G8 tenu à Kananaskis en juin 2002 auquel était invité les chefs d'États africains promoteurs du NEPAD a donné son appui au NEPAD. Il a en plus confirmé que la moitié de nouvelles contributions financières internationales à l'aide au développement irait à l'Afrique. Le Canada a profité de l'occasion pour annoncer la création d'un fonds spécial pour l'Afrique de 500 millions de dollars. Au sein du G8, l'Afrique peut compter sur le Président Chirac de la France, qui, réélu, et débarrassé de la cohabitation avec les Socialistes, a toujours été un défenseur de l'Afrique en dépit de certaines erreurs, comme de n'avoir pas convaincu Mobutu à démissionner et qui organisera le prochain sommet du G8 à Évian. Je me souviens l'avoir vue défendre l'Afrique lors d'un sommet des grandes villes du monde à Montréal au point de vouloir céder sa place au maire d'Abidjan pour représenter à la fois l'Afrique et l'Europe dans un comité où on n'avait inclus aucun représentant africain. L'Afrique peut aussi s'appuyer sur le Secrétaire d'État américain, M. Colin Powell, et sur la Baronne britannique Amos, tous d'ascendance africaine qui veulent agir pour le continent mère. Quant au Japon qui a toujours été solidaire avec l'Afrique, il peut lui apporter son expertise qu'il lui a permis de se développer en moins de 30 ans et qu'elle a déjà transmise à des pays de l'Asie du Sud-Est. L'Allemagne et l'Italie se souviennent qu'elles furent des vaincus de la Deuxième Guerre mondiale et peuvent bien comprendre la situation actuelle de l'Afrique. Le Premier ministre Jean Chrétien qui veut aussi laisser son nom dans l'histoire peut être très utile au développement de l'Afrique. Il serait souhaitable qu'il participe à la création de quelque chose de tangible et de permanent sur le développement de l'Afrique et sur les relations entre le Canada et l'Afrique. Il pourrait s'agir d'un centre d'information sur l'Afrique et sur ses atouts économiques et d'une caisse économique pour faciliter les échanges commerciaux entre le Canada et l'Afrique. On se souviendra que le gouvernement Mulroney avait lui aussi créé un fonds pour l'Afrique nommé Afrique 2000 qui a donné naissance au Partenariat Afrique-Canada dont il ne reste presque plus rien aujourd'hui.

 

Colin Powell et la baronne britannique Amos

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En ce qui concerne le Canada et le Québec, il est temps, comme le soulignait M. Daniel Latouche dans Le Devoir du 25 juin 2000, qu'il s'implique dans le développement économique de l'Afrique qui n'est plus une priorité dans le programme de l'aide canadienne à l'Afrique. Il est temps que le Canada et le Québec présentent leurs expertises de développement économique et démocratique à l'Afrique qui peut s'en servir comme modèle. M. Jean Coutu, brillant homme d'affaires et grand ami de l'Afrique, peut aider le gouvernement du Québec et du Canada à savoir quoi faire pour aider à la création des entreprises en Afrique et au développement du domaine de la santé.

Le Premier ministre Chrétien soutient qu'il est très sensible au développement de l'Afrique d'autant plus qu'il a lui-même participé il y a quelques années au développement de certaines régions du Canada comme ministre des Affaires indiennes ou du Développement régional. Il peut donc proposer l'expertise canadienne en matière de recherches et de technologies, en santé, en développement économique et démocratique.

Le gouvernement du Québec, quant à lui, peut offrir l'expertise des instruments issus de la Révolution tranquille comme la Caisse de dépôt et placement du Québec comme modèle de développement des entreprises, notamment à l'Afrique francophone particulièrement à l'Union monétaire Ouest-africaine et à la BCEAO, qui sont d'inspiration française. Il est temps aussi que les francophones du Canada, et spécialement les Québécois, s'intéressent au malheur de plus de 20 millions de francophones du Congo-Zaïre, le deuxième pays francophone du monde, victime d'une guerre absurde et qui peut redonner une vigueur extraordinaire à la francophonie internationale s'il retrouve la paix.

 

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Le Canada accorde 10 millions de $ can à la Banque africaine de développement pour soutenir le NEPAD

 

Suite au Sommet du G8 tenu en juin 2002 à Kananaskis, le Canada a arrêté des mesures spécifiques pour soutenir le plan d'action du G8 pour l'Afrique et le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) &endash; Ces mesures visent à l'amélioration de l'accès des produits africains au marché international, le renforcement des capacités d'investissement et commerciales, des ressources pour la bonne gouvernance et le développement humain, la prévention des conflits, l'éducation, la santé, la recherche agricole et la gestion de l'eau.

Le Canada s'est engagé à apporter une contribution de 10 millions de $ CAN pendant trois ans à la Banque africaine de développement (BAD) pour l'aider à renforcer les capacités des pays et institutions africains dans la préparation de projets et programmes susceptibles d'attirer des financements et de promouvoir le partenariat public-privé. Cet engagement du Canada est une reconnaissance du rôle important que joue la BAD dans la mobilisation et l'investissement de ressources substantielles pour le développement.

Cette initiative spéciale du Canada vient en appoint aux 5 millions de $ CAN mis à la disposition de la BAD dans le cadre de l'Accord de coopération BAD/Canada, pour la promotion de l'intégration régionale et l'amélioration de la gestion des projets dans les pays africains. Le premier accord qui portait sur 2,5 millions de $ CAN a été signé en novembre 2001. Un amendement à cet Accord de coopération BAD / Canada, portant sur une assistance additionnelle de 2,5 millions de $ CAN,a été signé en mai 2002 par Mme Susan Whelan, Ministre canadienne de la Coopération international et M. Omar Kabbaj, Président de la BAD en marge des Assemblées Annuelles à Addis Abeba, Ethiopie.

 

Mme Susan Whelan, Ministre canadienne de la Coopération international

 

Il est bon de rappeler que le comité des chefs d'Etat chargé de la mise en ¤uvre du NEPAD a choisi la BAD pour jouer le rôle de leader dans le domaine du développement des infrastructures et des normes bancaires et financières.

Le plan à court terme repose sur le contrôle dans les pays membres des projets et initiatives relatives aux infrastructures qui font partie des programmes lancés par les communautés économiques régionales. Le plan d'action à moyen et à long-terme poursuivra les projets et initiatives qui nécessitent plus de temps pour les préparations et leur développement.

 

Le NEPAD et le rôle de la Banque africaine de développement

 

Omar Kabbaj, président de la Banque africaine de développement

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I- LE NEPAD

 

1. Le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique peut être défini comme un plan de développement stratégique holistique et intégré en vue de l'amélioration de la croissance et de la réduction de la pauvreté en Afrique. Il se propose de s'attaquer aux priorités essentielles au plan politique, économique et social d'une manière cohérente et équilibrée. Le NEPAD est aussi un cadre pour de nouveaux partenariats avec le reste du monde en vue d'accélérer l'intégration du continent africain dans l'économie mondiale. Enfin, le NEPAD est une vision de développement à long terme du continent africain, conçu et développé par les dirigeants africains.

1.2 Le NEPAD propose une nouvelle conception du développement de la coopération de l'Afrique avec ses partenaires extérieurs fondée sur des engagements des gouvernements africains autour des valeurs de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance et de la mise en oeuvre effective des réformes économiques. En contrepartie du respect des dites valeurs, les partenaires extérieurs s'engagent à soutenir le NEPAD à travers l'amélioration de l'aide, la réduction de la pauvreté et l'accès au marché en vue d'accélérer la croissance et la réduction de la pauvreté dans le continent. Le nouveau partenariat sera donc basé sur des engagements mutuels, sur des obligations et des intérêts mutuels et sur des contributions et des bénéfices mutuels.

1.3 Les secteurs prioritaires couverts par le programme d'action du NEPAD comprennent: les infrastructures, incluant aussi bien l'information que les nouvelles technologies de l'information (NTI) ; l'Énergie, les Transports; 1'Alimentation en eau potable; le Développement humain, incluant l'éducation, la santé et les techniques de développement ; l'Agriculture et l'Environnement; et l'accès aux marchés des pays développés pour les pays africains exportateurs. Pour chaque secteur, l'objectif du NEPAD est aussi bien de combler l'écart existant entre l'Afrique et les pays développés que d'améliorer la compétitivité internationale du continent et permettre ainsi sa participation effective dans le processus de globalisation.

1.4 Bien qu'il y ait eu dans le passé plusieurs initiatives africaines telles que le Plan d'action de Lagos dont les résultats furent en deçà des attentes, le NEPAD fournit de nouveaux ingrédients essentiels tels que la volonté politique, l'appropriation africaine, le concept de nouveau partenariat dans les relations et le plan d'exécution avec des indicateurs de suivi.

 

II- LE NEPAD ET LA NOUVELLE VISION DE LA BANQUE

 

Le NEPAD est en cohérence avec la nouvelle vision du Groupe de la Banque africaine de développement dont l'objectif est la réduction de la pauvreté et la croissance soutenable dans les pays membres régionaux (PMR). Les domaines d'intervention prioritaires identifiés par te NEPAD sont en harmonie avec ceux du Groupe de la Banque. Ainsi, les opérations du NEPAD et du Groupe de la Banque donnent la priorité à l'agriculture et le développement rural, l'éducation et la santé ainsi qu'aux projets d'infrastructure régionale et programmes d'intégration. La bonne gouvernance, les questions du genre et de la soutenabilité de l'environnement sont aussi bien prises en compte dans les opérations du NEPAD que par celles du Groupe de la Banque. ainsi, dans le processus d'opérationalisation de la Vision du Groupe de la Banque, la Banque contribue à la réalisation des buts et des objectifs du NEPAD.

 

III- LE RÔLE DU GROUPE DE LA BANQUE DANS LE NEPAD

 

3.1 Le Groupe de la Banque a été choisi par les Chefs d'État africains pour jouer un rôle leader dans les domaines des infrastructures et des normes bancaires et financières. La Banque apportera principalement l'assistance technique en terme de formulation des programmes d'actions dans ses domaines. La Banque aidera en outre, à mettre en place des mécanismes de mobilisation des ressources et d'exécution des programmes. La Banque collaborera aussi avec la Commission Économique pour l'Afrique (C.E.A.), qui a été désignée par le NEPAD comme responsable du volet gouvernance.

3.2 Outre l'assistance technique dans les domaines des Infrastructures, des normes bancaires et financières et de la gouvernance économique, la Banque, en tant qu'institution financière de développement, sera aussi impliquée dans le financement de l'exécution des programmes du NEPAD. À cet effet, la Banque ne se limitera pas seulement aux domaines où elle apportera de l'assistance technique, elle interviendra dans tous les domaines dans lesquels elle a un avantage comparatif, en accord avec sa vision. À travers ses opérations dans le secteur privé, la Banque encouragera aussi la bonne gouvernance au niveau de l'entreprise, financera les projets d'infrastructure régionale et encouragera le partenariat du public et du privé dans la mise en oeuvre des programmes du NEPAD.

 

CONCLUSION

 

Le Groupe de la Banque africaine de développement soutient entièrement le NEPAD et elle se prépare à jouer un rôle important afin que les objectifs de l'initiative soient atteints.

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M.Charles Konan Banny, gouverneur de la BCEAO:

« Au regard de l'ambition que le NEPAD s'est assigné, vous conviendrez avec moi que la BCEAO qui, outre sa mission d'Institut d'émission, appuie les huit (8) Etats membres de l'UEMOA dans l'élaboration et la mise en ¤uvre de leurs politiques économiques, adhère totalement à cette ambition continentale »

M.Charles Konan Banny

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Interview de monsieur le gouverneur au Magazine Transatlantique

 

Question 1 :

Lors du sommet de l'UEMOA, en décembre 2000 à Bamako, vous avez eu à lancer le concept de « neuvième économie ». Concrètement, que faut-il faire pour que l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine devienne, comme vous le voulez, une véritable économie régionale ?

Réponse :

Permettez-moi de rappeler brièvement que le Traité de l'UEMOA, adopté en 1994 ainsi que le programme d'action défini par les plus Hautes Autorités des Etats de l'Union en 1996 consacrent la création d'un marché sous-régional unique et jettent les bases d'une économie régionale dynamique et intégrée.

Force est de constater que nonobstant les progrès réalisés, d'une part, dans l'unification des marchés, à travers l'institution de l'union douanière et la mise en place du marché financier régional, et d'autre part dans l'assainissement du cadre macroéconomique et réglementaire, les performances économiques de l'Union demeurent modestes au regard des défis qui interpellent les Etats membres de l'UEMOA. En effet, le taux de croissance, en termes réels, du PIB ressortirait à 2,9% en 2001, en amélioration par rapport à celui de 0,9% enregistré en 2000, mais en deçà des exigences de lutte contre la pauvreté. Par ailleurs, les échanges entre les pays de l'Union représentent environ 12% du commerce global de la zone.

Cette situation confirme le fait que dans le cadre de l'intégration régionale, la simple juxtaposition d'économies caractérisées par une faible complémentarité des structures de production ainsi qu'une insuffisance des infrastructures économiques et sociales de base (en termes de qualité et de disponibilité), ne peut suffire à constituer un marché commun dynamique, générateur de croissance.

Par conséquent, la neuvième économie, qui correspond à l'esprit et à la lettre du Traité de l'UEMOA signé par les Etats membres en janvier 1994, doit permettre l'émergence d'une économie régionale compétitive, son insertion efficace dans le processus de la mondialisation et la réalisation d'une croissance économique forte et durable.

Pour ce faire, l'accent devra être mis notamment sur le développement de réseaux d'infrastructures (énergie, transports, communications, etc.), le renforcement du capital humain et l'exercice effectif des quatre libertés prescrites par l'article 4 du Traité, à savoir la libre circulation des personnes, des biens et services, des capitaux ainsi que le droit d'établissement au sein de l'Union.

Pour matérialiser cette ambition de création d'un espace économique dépassant les frontières nationales, il faudrait un faisceau convergent d'initiatives et d'attitudes, tant de la part des Etats que du secteur privé.

Les opérateurs économiques sont, en effet, appelés à jouer un rôle actif de locomotive des transformations attendues dans ce domaine, en inscrivant résolument leurs stratégies et leurs actions dans une optique régionale, à travers des initiatives de partenariat et d'alliance.

Question 2 :

Dans le même cadre de l'intégration africaine, quelle peut être la contribution de la BCEAO à la mise en ¤uvre du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique ?

Réponse :

Le NEPAD est une initiative interne à l'Afrique qui structure la vision des plus Hautes Autorités quant à la démarche à suivre pour placer individuellement et collectivement les pays africains sur la voie d'une croissance soutenue et d'un développement durable. Ce faisant, cette initiative permettra de créer les conditions d'une réduction rapide de la pauvreté, mais aussi d'une meilleure insertion du continent dans l'économie mondiale, afin de lui permettre d'occuper une meilleure place sur la scène internationale.

Au regard de l'ambition que le NEPAD s'est assigné, vous conviendrez avec moi que la BCEAO qui, outre sa mission d'Institut d'émission, appuie les huit (8) Etats membres de l'UEMOA dans l'élaboration et la mise en ¤uvre de leurs politiques économiques, adhère totalement à cette ambition continentale.

La Banque Centrale joue déjà un rôle essentiel dans le cadre de l'intégration monétaire de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), contribuant ainsi à la consolidation d'un pan important pour la réalisation des objectifs du NEPAD. A ce titre, forte de son expérience en matière d'intégration monétaire et financière, elle a, en particulier, proposé l'élaboration d'un véritable programme de convergence des politiques et des performances macroéconomiques, préalable incontournable à la mise en place d'une union monétaire sous-régionale viable.

Au-delà de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest, la BCEAO joue un rôle impulseur au niveau de l'Association des Banques Centrales Africaines (ABCA) en vue notamment de renforcer la coopération financière, monétaire et bancaire, et d'assurer la stabilité du système financier au niveau continental, ce qui constitue un maillon essentiel du NEPAD.

Question 3 :

Les populations africaines dont celles de la région ouest africaine sont de plus en plus pauvres ? Qu'est-ce qui, selon vous, peut rendre efficaces les stratégies de réduction de la pauvreté actuellement mises en ¤uvre ?

Réponse :

La pauvreté est un fléau multidimensionnel. Dans sa dimension économique, elle traduit notamment le manque de ressources financières et l'incapacité d'accéder aux services sociaux de base. Dans sa dimension sociale, elle reflète la perception qu'ont les individus de leur impuissance à faire face à leurs obligations sociales. Mais, d'une manière générale, la pauvreté peut se résumer en un mot, « l'exclusion ». Elle résulte de la faiblesse des performances économiques qui demeurent insuffisantes pour permettre de lutter efficacement contre ce fléau. A titre d'illustration, au sein de l'UEMOA, le revenu annuel moyen par habitant se situe autour de 240.000 FCFA, soit un peu moins d'un (1) dollar par jour, tandis qu'un tiers de la population est sous-alimentée.

Le recul définitif de la pauvreté en Afrique et en particulier dans l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine exige une croissance forte, soutenue et équitable dans un cadre macroéconomique stable, tant au niveau national qu'à l'échelle régionale. Au-delà des efforts déjà consentis par les Etats pour la maîtrise de l'évolution des différentes composantes des dépenses publiques, il faut renforcer les dépenses d'investissement tout en leur assurant une allocation plus efficiente, en faveur prioritairement des secteurs de la santé, de l'éducation et des infrastructures de base.

La bonne gouvernance politique et économique, l'appui conséquent de la communauté internationale, le parachèvement de l'intégration régionale, le soutien à l'initiative privée, en un mot, la matérialisation du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), doivent constituer, à mon sens, les piliers majeurs des stratégies de lutte contre la pauvreté.

Les spécialistes des questions de pauvreté reconnaissent que si les pauvres acquièrent davantage de confiance dans leur destin et trouvent les moyens de contribuer au processus de développement à hauteur du potentiel dont ils sont porteurs, le paysage économique changera très rapidement dans les pays en développement. C'est dans cette perspective que la BCEAO, s'inspirant d'expériences qui se sont avérées concluantes dans d'autres régions, a récemment pris l'initiative de la conception d'un mécanisme de financement des activités génératrices de revenus pour les populations les plus pauvres de l'Union, à travers la création d'une Banque Régionale de Solidarité (BRS). Celle-ci mettra à la disposition des personnes défavorisées un volume suffisant de financement à des taux d'intérêt relativement faibles.

Question 4 :

Monsieur le Gouverneur, la Communauté Financière Internationale a engagé un vaste combat contre l'argent sale. Pouvez-vous nous parler des mesures qui ont été prises par la BCEAO pour participer à cette croisade contre le blanchiment d'argent ?

Réponse :

Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent assurément deux préoccupations majeures pour les autorités monétaires de tous les pays, en particulier depuis les évènements du 11 septembre 2001.

Au niveau de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dont la BCEAO est l'Institut d'émission commun aux huit Etats membres, tout en veillant à ce que le système bancaire ne soit utilisé à des fins de blanchiment, grâce au renforcement des procédures de contrôle en vigueur, les autorités de l'Union ont engagé depuis l'année 1999, des actions décisives devant déboucher sur la mise en place d'un cadre réglementaire de lutte contre le blanchiment de capitaux à l'échelle régionale.

D'abord, un séminaire sous-régional de sensibilisation à la problématique du blanchiment a été organisé en juillet 2000. Sur la base des conclusions et recommandations de ce séminaire, le Conseil des Ministres de l'UEMOA a, lors de sa session du 14 septembre 2000 à Bamako, invité la BCEAO à proposer, en relation avec la Commission de l'UEMOA, un projet de législation communautaire sur le blanchiment. A ce titre, la BCEAO a élaboré un projet de Directive relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux dans les Etats membres de l'UEMOA.

Ensuite, dans le cadre du processus d'adoption de la Directive, un séminaire de validation s'est tenu au Siège de la BCEAO à Dakar, les 7 et 8 février 2002. Cette rencontre a enregistré la participation des représentants des administrations concernées de l'Union (Ministère des Finances, Ministère de la Justice, Ministère de la Sécurité), le secteur financier (Associations Professionnelles des Banques et Etablissements Financiers), les Autorités monétaires chargées de préserver l'intégrité du système financier, la Commission de l'UEMOA, le représentant du Groupe Intergouvernemental d'Action contre le Blanchiment de l'Argent en Afrique (GIABA), le représentant du Programme des Nations Unies pour le Contrôle International des Drogues (PNUCID) ainsi que les partenaires de la Zone franc. Les discussions entre les participants ont permis de dégager des convergences de vues sur la plupart des dispositions du projet de Directive qui ont été jugées conformes aux normes internationales, notamment celles édictées par le Groupe d'Action Financière sur le blanchiment (GAFI). Des recommandations pertinentes ont été formulées en vue d'améliorer la cohérence d'ensemble du texte et faciliter l'insertion harmonieuse et uniforme de cette législation dans l'ordonnancement juridique interne des Etats membres de l'UEMOA.

S'agissant du financement du terrorisme, les travaux d'élaboration d'un projet de Règlement Communautaire sur le gel des fonds des organisations terroristes, en application notamment des résolutions des Nations Unies y relatives sont en cours.

Le projet de Directive anti-blanchiment et le Règlement communautaire sur le gel des fonds liés au financement des activités terroristes seront soumis aux instances de l'UEMOA pour adoption au cours de l'année 2002.

Enfin, à la suite de la prise, par la Commission Européenne, du Règlement n° 1354/2001 du 4 juillet 2001 visant le gel des fonds de certaines personnes, entités et organismes ayant des rapports avec les activités terroristes, la BCEAO a mis en ¤uvre un certain nombre de mesures conservatoires. Celles-ci ont consisté, dans un premier temps, à identifier les comptes appartenant aux personnes et organismes susvisés, tenus dans les livres des banques de notre zone. Fort heureusement, il est ressorti des investigations entreprises dans l'ensemble des Etats membres de l'Union qu'aucune banque n'entretient de comptes appartenant aux organisations terroristes visées par ledit Règlement.

Question 5 :

Monsieur le Gouverneur, le Canada entretient déjà des relations de coopération avec la BCEAO dans le cadre du PARMEC. Etes-vous satisfait de cette coopération et que comptez vous faire pour l'étendre à d'autres domaines ?

Réponse :

La coopération entre le Canada et la BCEAO dans le cadre du Programme d'Appui à la Réglementation des Mutuelles d'Epargne et de Crédit (PARMEC) a commencé en juin 1992. Dix ans après, le bilan que nous en dressons est particulièrement positif. Ce constat nous amène à envisager sa poursuite au-delà de sa phase actuelle qui s'achève en décembre 2002 selon des nouvelles modalités pour tenir compte des résultats obtenus.

Ce bilan, je le dresserai autour de trois points. Il s'agit en premier lieu des objectifs assignés au PARMEC, en second lieu de la méthodologie d'intervention et en dernier lieu du transfert de compétences.

S'agissant des objectifs, le PARMEC a contribué à l'élaboration d'un des premiers cadres juridiques spécifiques à la microfinance dans la sous-région. Ce faisant, il est devenu une expérience dont s'inspirent de nombreuses initiatives en matière de réglementation en Afrique. Au plan du contenu des textes réglementaires, la souplesse de leurs dispositions habilite une diversité de forme d'institutions à offrir des services financiers à des populations délaissées par les banques et établissements financiers. La pertinence des orientations retenues se trouve confortée par la large adhésion des populations aux institutions de microfinance matérialisée par la forte progression des transactions au cours de la période 1992-2001.

En effet, aujourd'hui 4,5 millions de personnes effectuent des opérations financières dans quelques 3.000 points de services offerts par les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) dans les Etats membres de l'UMOA. Par le biais de ce canal, environ 140 milliards de F CFA d'épargne de prêts distribués pour le financement d'activités notamment dans les secteurs du commerce, de l'agriculture et de l'artisanat.

Au début du programme en 1992, le nombre de bénéficiaires se situait à 400.000 personnes et leurs transactions en termes de dépôts de ressources et de mobilisation de prêts respectivement de 12,7 et 17,9 milliards de F CFA.

Au plan de la méthodologie d'intervention du PARMEC, la large part faite au processus de concertation permanente avec l'ensemble des acteurs a permis de procéder à une adaptation continue des programmes de travail à leurs attentes.

Pour ce qui a trait au transfert des compétences, près de deux mille (2.000) personnes ont été touchées dans le cadre d'actions de formation, d'information ou de sensibilisation. Aussi, dans la perspective de la poursuite envisagée de la coopération entre le Canada et la BCEAO, est-il prévu, eu égard au développement de l'expertise nationale constatée depuis 1992, une réduction des ressources consacrées à l'assistance technique au profit d'un volume accru d'interventions directes au profit des populations.

La poursuite de cette collaboration fructueuse entamée en 1992 sera axée sur la consolidation des résultats enregistrés dans le domaine de finance de proximité mais également sur la sécurisation et la modernisation du secteur financier dans les matières où des intérêts convergents seront éventuellement identifiés.

Question 6 :

Les Imperfections des systèmes et moyens de paiement de l'UEMOA font partie des obstacles à l'intégration sous-régionale. Dans quelle mesure le projet initié par la BCEAO dans ce domaine et pour lequel vous avez signé un accord de financement avec la Banque Mondiale, peut-elle emmener les banques à jouer un rôle plus dynamique dans le développement intégré du marché financier de l'UEMOA ?

Réponse :

Au sein de l'UEMOA, la faible efficacité des systèmes de paiement fait obstacle aux efforts visant à mettre en place un marché des capitaux et un marché des titres publics à l'échelle régionale. En dépit des efforts consentis pour la construction d'une zone monétaire et économique répondant aux aspirations des Etats membres de l'UEMOA, les marchés dans la zone restent fragmentés et l'évolution dans le sens d'une véritable intégration économique et financière se fait lentement. C'est donc à juste titre qu'on peut noter que les aléas et retards auxquels sont soumis les paiements intra-régionaux notamment, constituent un élément majeur faisant obstacle au développement intégré des marchés financiers de l'UEMOA.

En effet, la combinaison de deux facteurs explique le faible développement des marchés transfrontaliers :

  • D'une part, les délais moyens des règlements transfrontaliers sont de l'ordre de la semaine, ce qui n'est pas compatible avec la structure de durée du marché de la région. De plus, le "float" induit un manque à gagner pour l'ensemble des acteurs des marchés financiers,
  • D'autre part, les risques sont considérés comme important par les banquiers de la région, qui limitent souvent leurs contreparties transfrontalières aux banques du même groupe.

Ainsi, les opérations transfrontalières sont principalement réservées à la couverture de la position de compte chez les correspondants.

La conséquence principale est un manque à gagner pour l'ensemble de la profession bancaire, dans la mesure où les places structurellement sur-liquides ne peuvent participer, dans les conditions souhaitées, au refinancement au jour le jour d'autres places.

La modernisation des systèmes de paiement en cours constitue, par conséquent, une exigence pour le renforcement de la restructuration de nos économies, le développement du système financier et l'émergence de véritables marchés financiers au niveau régional.

Elle vise à renforcer l'intégration des marchés monétaires, interbancaires et financiers de l'UEMOA, en levant les freins à celle-ci, à travers :

  • une sécurisation financière des échanges,
  • une réduction des délais de règlement,
  • une plus grande efficience des traitements des opérations de paiement,
  • une réduction des risques de paiement.

La réforme aura pour conséquence de renforcer la liquidité des marchés financiers dans la région et donc de réduire à terme, le coût du crédit pour l'ensemble des acteurs économiques.

En renforçant les infrastructures de traitement des paiements de la zone, elle vise également à améliorer la gestion et les mécanismes de transmission de la politique monétaire.

Elle s'articule autour de trois axes majeurs :

  • la modernisation du système d'échange et de règlement des transactions de gros montants avec la mise en place d'un système de règlement brut en temps réel pour les paiements d'importance systémique, notamment les virements de trésorerie, les transfert de fonds, les opérations du marché monétaire, le règlement des opérations de la Bourse, le règlement de la dette publique,
  • la modernisation du système d'échange et de règlement des transactions de petits montants, à savoir les paiements de masse : virements, chèques, cartes bancaires, avec le démarrage d'un système de compensation multilatérale automatisée,
  • le développement d'un système interbancaire de paiement par carte au niveau régional à mettre en place par le secteur bancaire.

Au total, la réforme en cours comporte deux aspects majeurs et complémentaires :

  • la mise en place d'une infrastructure sûre, rapide et efficace pour les paiements dans la région, qui permet le transfert de propriété en temps réel entre les banques, y compris les échanges transfrontaliers au sein de l'UEMOA,
  • la mise en place des conditions d'une plus grande sécurité financière des opérations sur les marchés des capitaux, en créant le cadre juridique requis, par la définition d'instruments permettant de garantir les opérations sur le marché interbancaire régional.

Ces deux mesures devraient permettre d'améliorer la liquidité des marchés des capitaux de la zone et renforcer ainsi leur efficacité financière.

C'est donc ce nouveau cadre qui devrait permettre aux banques de la région de jouer un rôle plus dynamique dans le développement intégré des marchés financiers de l'UEMOA.

Question 7 :

Monsieur le Gouverneur, la BCEAO célèbre cette année le quarantième anniversaire de sa création. Quelles sont les grandes étapes de l'évolution de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest ?

Réponse :

Il convient de distinguer les évolutions de nature institutionnelle et celles affectant la politique monétaire.

Au plan institutionnel, l'Union Monétaire Ouest Africaine a été instituée par le Traité du 12 mai 1962, auquel sont annexés les Statuts de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, Institut commun aux Etats membres de l'Union. Ce traité, entré en vigueur le 1er novembre 1962, a été conclu à l'origine entre la Côte d'Ivoire, le Bénin (ancien Dahomey), le Burkina (ancienne Haute Volta), la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. Le Togo, qui n'était pas partie prenante au Traité, a adhéré à l'UMOA le 27 novembre 1963. Les autorités maliennes ont signé le traité, mais elles ne l'ont pas ratifié en 1962. Le Mali intégrera l'UMOA le 1er juin 1984. La Mauritanie s'est retirée de l'Union le 9 juillet 1973. Plus récemment, le 29 mai 1997, la Guinée-Bissau a adhéré à l'UMOA.

En constituant formellement cette union monétaire au moment de leur accession à l'indépendance, les pays fondateurs entendaient poursuivre et renforcer les liens de solidarité monétaire qui existaient déjà entre eux pendant la colonisation française.

En 1973, soit après 11 ans de fonctionnement, il s'est avéré nécessaire d'adapter la politique et les institutions monétaires de l'Union aux besoins du développement économique des Etats membres. Cette vision a conduit les Etats à initier une réforme institutionnelle dont les principaux objectifs étaient :

  • d'assurer une participation plus active de la politique monétaire au développement et à l'intégration économique des Etats membres ;
  • de promouvoir l'africanisation du personnel de l'Institut d'émission ;
  • de permettre à la Banque Centrale d'exercer plus efficacement ses fonctions en réalisant une plus grande décentralisation de ses activités au profit des Agences et des Comités Nationaux de Crédit.

Cette réforme a été couronnée, le 14 novembre 1973, par la signature, entre les Etats membres de l'UMOA, d'un nouveau traité auquel ont été annexés les nouveaux Statuts de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, paraphés le 4 décembre 1973.

S'agissant de la politique monétaire, il convient de rappeler qu'en 1989, la BCEAO est passée d'une gestion administrée des taux d'intérêts et des crédits à l'économie à une gestion faisant recours aux mécanismes de marché. Le nouveau dispositif de gestion de la monnaie et du crédit est basé sur des mécanismes indirects de régulation de la liquidité privilégiant les procédures et instruments de marché. Ce dispositif repose sur trois principes fondamentaux, à savoir :

  • la réduction du rôle de la monnaie centrale au profit d'une mobilisation accrue de l'épargne intérieure ;
  • la mise en harmonie des règles de gestion monétaire avec l'organisation interne de l'activité économique et l'évolution de l'environnement international ;
  • la mise en place de mécanismes flexibles de régulation monétaire dans le cadre d'une libéralisation progressive du marché du crédit, associée à un renforcement de l'efficacité de la surveillance bancaire.

L'objectif final de la politique monétaire demeure la maîtrise de l'inflation, en vue de sauvegarder la valeur interne et externe de la monnaie. La recherche de cet objectif est en accord avec le souci de créer les conditions d'une croissance économique durable.

 

BANQUE CENTRALE DES ETATS DE l'AFRIQUE DE l'OUEST

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TELEX BCEAO 21530 SG - 21527 SG

TEL : 839.05.00 - FAX : (221) 823.93.35

 

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Mondial de l'entreprenariat

Un réseau fort de ses membres

 

Par Geneviève Dubois-Richard

 

En 1996, un événement est né. Un événement biennal qui allait changer la face des foires commerciales : Le Mondial de l'entreprenariat. Lancé par le FOFM, le Mondial se veut une plaque-tournante des échanges commerciaux entre le Canada et le Monde. Trois jours de réseautage intense, une centaine de conférenciers invités, d'experts-conseils et de personnes ressources, et en moyenne 400 entrepreneurs du Canada, de l'Afrique francophone, de l'Amérique latine, de l'Europe de l'Est et de l'Asie : voici ce qu'est le Mondial.

Lorsque le président directeur-général du FOFM, Fernand Gilbert, a décidé de créer un événement de réseautage international, il voulait un concept unique et efficace qui mise sur l'entraide et non la concurrence. « Il arrive que nous craignions la coopération par peur de perdre notre indépendance, notre identité et notre savoir-faire. Souvent par peur de nous créer un nouveau concurrent, affirme M. Gilbert En réalité, la coopération internationale nous donne l'opportunité d'exploiter nos points forts et de remédier à nos points faibles. »

 

Le président directeur-général du FOFM, Fernand Gilbert (à gauche) a signé un accord de protocole avec Reda Mehigueni, directeur-général de DZNET SPA en Algérie.

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La formule du Mondial répond aux besoins de réseautage des PME à l'ère de la mondialisation. Originale, flexible et entièrement modelée sur l'environnement d'une entreprise, elle recrée le bureau de l'entrepreneur; un bureau désormais situé en plein c'ur d'un marché économique mondial. L'événement est en quelque sorte un microcosme de la vie économique internationale. Entourés de centaines de partenaires d'affaires motivés par leur créativité et leur goût de l'innovation et du risque, les entrepreneurs participants sont maître de leur agenda.

 

Trois centres de service spécialisés

Pour que les entrepreneurs présents au Mondial aient le plus de ressources possibles à leur portée, trois centres de service ont été créés.

Le Centre d'affaires, c'est le secrétariat de l'entrepreneur. Il s'y rend pour communiquer avec son entreprise locale, ses clients et ses fournisseurs; rédiger, modifier et imprimer des contrats; recevoir ses messages; échanger des documents avec les entrepreneurs de l'événement ou encore annoncer ses présentations d'affaires.

Le Centre de transactions est l'endroit tout désigné pour rencontrer de futurs partenaires d'affaires, promouvoir ses produits et ses projets, et échanger avec des entrepreneurs d'expérience. De plus, l'Équipe Mondial est sur place pour faire du « match-making ».

Enfin, le Centre d'accompagnement favorise l'exploration de nouveaux marchés, l'obtention d'information sur les lois de divers pays ou encore l'identification des principaux pièges de l'exportation. Il est le point de convergence d'experts-conseils du développement international.

Déjà le 19 septembre 1996, les instigateurs du Mondial ont vu comment les entrepreneurs du Canada et de l'étranger avaient besoin d'un événement comme celui-ci. Près de 350 entrepreneurs et 400 gens d'affaires de 27 pays de la Francophonie étaient présents à Ottawa.

Au fil des ans, le Mondial a attiré des centaines d'entrepreneurs. La plus récente édition, du 23 au 26 septembre 2002, plus de 500 entrepreneurs venus de 22 pays se sont réunis à Ottawa en compagnie de plus de 200 gens d'affaires pour réseauter. En tout, 154 ententes de partenariat sont enregistrées et 127 ententes sont chiffrées pour un total de 403 625 000 $ US.

Même si tous ces chiffres démontrent fort bien le succès et l'efficacité d'un événement comme le Mondial, c'est le réseau Mondial qui témoigne vraiment de sa réussite. Le réseau Mondial regroupe plusieurs programmes et outils de références qui ont été créés pour venir en aide aux entrepreneurs canadiens et étrangers.

 

Immersion Canada-Afrique

L'Immersion Canada-Afrique est un programme en soi. Alors que le Mondial facilite la rencontre de partenaires économiques et la signature d'ententes de partenariats, l'Immersion Canada-Afrique permet aux entrepreneurs d'amorcer la réalisation de leur projet d'affaires en mettant en place des modes de travail complémentaires et synergiques.

Pendant 10 jours, les entrepreneurs africains viennent au Canada et vice versa. Ils en profitent pour se familiariser avec l'environnement de travail de leur partenaire, mieux comprendre les réalités techniques et technologiques du milieu entrepreneurial africain et approfondir les liens avec leur partenaire. Depuis 3 ans, 54 partenariats ont été inscrits au programme d'Immersion Canada-Afrique.

 

http://www.lemondial.org

Étant donné que le Mondial est un concept tout à fait à l'ère nouvelle des technologies et de la mondialisation, un site Web a été créé pour aider les entrepreneurs à suivre l'évolution des événements du Mondial. Lemondial.org est un portail en devenir où est disponible de l'information sur les derniers développements du Mondial ainsi que tout ce qui s'y rattache. De plus, lemondial.org offre des articles portant sur l'économie et les PME.

 

Lemondial.org est un outil très utilisé lors des événements du Mondial pour, entre autres, consulter les fiches des entrepreneurs présents.

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Le Prix Mondial 2002

Le Prix Mondial a été créé en 1998 pour souligner la réussite d'un partenariat unissant une entreprise du Canada et une entreprise de l'étranger. D'une valeur de 30 000 $ CAD, il s'adresse à des entrepreneurs dynamiques, qui détiennent des projets d'affaires ambitieux et solides et une volonté de percer sur les marchés internationaux en pleine expansion. Plus particulièrement, le Prix Mondial vise à reconnaître les efforts de développement conjoints de deux entreprises dans le cadre d'un partenariat qui repose sur une relation d'affaires solide et durable et qui s'inscrit dans une vision à long terme.

 

Les gagnants du Prix Mondial 2002, Philippe Pépin, directeur-général de Givic Construction à Niagara Falls au Canada (à droite) et Idrissa Nassa, propriétaire du Groupe Nassa à Ouagadougou au Burkina Faso (à gauche).

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D'autres événements Mondial

Dans quelques mois, un premier Mondial Afrique verra le jour au Cameroun. Du 29 mars au 5 avril 2003, les entrepreneurs africains se donnent rendez-vous sur le continent africain pour parler affaires. Avec sa formule de réseautage avant-gardiste le Mondial Afrique s'inscrit tout à fait dans l'esprit du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NPAD). « Le succès du Mondial repose sur sa capacité de rapprocher les entrepreneurs, d'unir les forces de leurs entreprises et de leur permettre de lancer des projets ayant des retombées significatives sur leurs économies respectives. Dans cette optique, le Mondial Afrique est en quelque sorte un précurseur du NPAD », fait remarquer M. Gilbert.

Un autre événement retire l'attention en 2003. Le Mondial des Amériques, créé en 1999, se déroulera à l'automne prochain et rassemblera une cinquantaine d'entrepreneurs de l'Amérique latine venus pour rencontrer des chefs d'entreprises du Canada et de l'Afrique. En 2001, 38 partenariats avaient été conclus entre le Canada et l'Amérique latine !

Tout ce que le Mondial a apporté au fil des années, tels l'Immersion Canada-Afrique, le Prix Mondial, lemondial.org, les centres de services ainsi que les autres événements Mondial, aide grandement les entrepreneurs à conquérir de nouveaux marchés. Mais ce qui reste important, c'est que le Mondial de l'entreprenariat est pour plusieurs un événement de découvertes. « Nous, pays du Sud, sommes marqués par l'expertise et le savoir-faire canadien. Je rentre chez moi avec des affaires bien ficelées et mille tonnes d'espoir, lance Jean-Baptiste Dala, directeur général de Label informatique à Ouagadougou au Burkina Faso. Aujourd'hui, grâce au Mondial, le Canada n'est plus un rêve pour nous, mais une réalité. »

 

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Socere Lambert Somec (SLS): un produit de la coopération entre le Canada et le Sénégal

 

Introduction

Lambert Somec inc. est une entreprise canadienne spécialisée dans les divers domaines de 1'électromécanique. Elle a réalisé au Canada d'importants contrats d'électricité, de ventilation, de plomberie et a participé à l'installation de nombreux équipements industriels dans les secteurs des mines, de l'environnement et de l'énergie.

On doit signaler certaines de ses réalisations internationales comme les travaux d'électrification rurale au Rwanda, la réhabilitation du réseau électrique de Conakry en Guinée, les travaux spécialisés d'un laboratoire pharmaceutique à Cuba. Lambert Somec réalise actuellement avec GLR l'un des plus importants chantiers en Afrique de l'Ouest soit la fourniture et l'installation des lignes électriques 225 Kv reliant Matam-Dagana et Dagana-Rosso (Sénégal) et Rosso-Nouakchott (Mauritanie). Ce projet totalisant près de $50 millions est financé pas la BAD et le FADES. La sous-traitance pour l'installation de ces lignes est la responsabilité de SLS.

Lambert Somec a créé SLS en 1997 en investissant près de 2 millions de dollars au Sénégal. Ses installations de Dakar témoignent de sa confiance dans le marché africain et le potentiel de la région. Grâce à son personnel compétent et dévoué, sa filiale SLS est déjà reconnue comme un joueur important sur le marché régional de l'énergie et valorise tous les atouts d'un partenariat canado-sénégalais réussis dans ce domaine. Les pages qui suivent donnent une idée générale sur les activités de l'entreprise SLS depuis le début de ses activités en 1997.

Richard NORMAND
Directeur général SLS

PROFIL DE L'ENTREPRISE

Généralité

La création de SOCERE LAMBERT SOMEC SA remonte au 26 novembre 1997 suite à un investissement significatif de LAMBERT SOMEC INC. du Canada et la participation de Socere du Sénégal. Disposant d'une capitalisation de 200 millions de francs Cfa, SLS a comme objectif de mettre à profit l'expertise sénégalaise solidement soutenue par son partenaire nord-américain.

Personnel

SLS s'appuie sur une équipe de professionnels et techniciens expérimentés au sein de ses directions administrative, commerciale et technique. Son personnel est familier avec les outils informatiques et utilise les principaux logiciels propres à leurs domaines d'activités (auto-CAD, internet, Excell etc...).

Facade bureaux de SLS Zone Industrielle Sud, Rocade Fann/Bel-Air.

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Secteurs d'expertise

SLS exerce ses activités dans la production, le transport et la distribution électrique HT/MT/BT l'entretien de réseaux électriques, l'électromécanique du bâtiment, le montage et la maintenance industrielle.

Équipements et machinerie

SLS est propriétaire d'un vaste parc d'équipements lui permettant de réaliser ses activités partout au Sénégal.

Capacité financière

SLS dispose d'excellentes facilités financières auprès de ses banques et peut au besoin faire appel à son partenaire canadien pour les projets de niveau international.

TRAVAUX & CLIENTS PRINCIPAUX

Marchés réalisés

Au cours des trois dernières années, SLS a réalisé les principaux travaux suivants :

- Bibliothèque universitaire
Cheikh Anta Diop : 660 m fCfa ;
- Montage turbine à gaz 37,4 Mw centrale Bel-Air ; 700 m fCfa ;
- Installation lignes HT 225Kv au Sénégal & Mauritanie soit + ou - 600 km : 3 500 m fCfa ;
- Convention VII électrification rurale : 1 200 m fCfa ;
- Travaux électriques divers à la SOCOCIM : 600 m fCfa.

Nouveaux marchés

Les nouveaux marchés débutant en janvier 2002 sont :

- Sénélec : Convention IX: 500 m fCfa ;
- Cetud : Feux de circulation; 60 m fCfa;
- Sénelec : programme urgence pour le Magal : 500 m fCfa ;
- Manantali : Installation de la fibre optique: 300 m fCfa.

Marchés en développement

SLS a un certain nombre de dossiers en étude auprès des organismes suivants :

- ICS : poste Tobène
- AGETIP : Stade
- Sénélec : Ligne 30 kv Fass
- Sakal-Louga-Kelle
- Sénélec : Modification de 25 postes Dakar.

L'ensemble de ces projets totalisent plus de 2 milliards de fCfa.

Stratégie et développement des affaires

SLS profile son développement d'affaires sur la base du respect des échéanciers et l'exécution d'un travail de qualité.

Des efforts commerciaux seront entrepris en 2002 auprès des ICS, de l'ASER, la SAED et SOCOCIM dans un but d'accroître nos ventes et diversifier notre marché.

Des démarches seront engagées au niveau régional pour obtenir de nouveaux marchés en Mauritanie, en Gambie, Mali et Guinée.

SLS
Partenariat canado-sénégalais

Filiale de Lambert Somec inc., SLS (Socere Lambert Somec) est active dans les secteurs de la production, du transport et de la distribution de l'énergie. Elle est également présente dans l'industrie et le bâtiment.

Elle compte dans ses réalisations :

- Le montage de la ligne électrique 225Kv couvrant 500 km dans le nord du Sénégal jusqu'à Nouakchott en Mauritanie.
- L'installation de la centrale de 37,4 Mw à Bel-Air (Dakar) ;
- L'électrification rurale en réseaux MT et Bt pour la Sénélec.
- Des travaux d'électricité et d'instrumentation pour SOCOCIM et les ICS. Etc...

SLS
Zone Industrielle Sud
Rocade Fann Bel-Air
BP 3844 - Dakar - Sénégal
Té1. : (221) 849-3494
Fax : (221) 832-4357
Courriel (E-mail) :
solamso@metissacana.sn

Lambert Somec inc.

Comme firme spécialisée en électromécanique Lambert Somec compte de nombreuses réalisations sur les marchés québécois, mais aussi à l'international.

Principales réalisations internationales :

- Électrification rurale au Rwanda.
- Réhabilitation & extension du réseau électrique de Conakry (Guinée).
- Sénégal et Mauritanie : Projet Manantali en association avec GLR (lignes HT 225 Kv sur 500 km et d'une valeur de $50 millions).
- Bibliothèque Université de Dakar (électricité).

Lambert Somec inc.
Québec :
Tél. : 418-687-1640 & Fax : 418-688-7577
Montréal :
Tél. : 450-641-4650 & Fax. : 450-641-4671
http://www.lambertsomec.com

 

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LA FACULTÉ SAINT-JEAN, University of Alberta

Edmonton (Alberta), Canada

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La Faculté Saint-Jean évolue au c¤ur même d'une université anglophone dans l'Ouest canadien et se distingue ainsi des autres facultés françaises au monde. Ses étudiants effectuent des études universitaires en français tout en s'imprégnant, à volonté, des avantages que lui procure le milieu anglais environnant. La situation démographique de l'Alberta connaît une forte composante multiculturelle qui enrichit l'expérience de vie à la Faculté Saint-Jean et assure aux étudiants étrangers un milieu particulièrement ouvert et accueillant.

Au centre de la communauté francophone avec qui elle entretient des liens étroits, l'institution dessert environ 500 étudiants. On y trouve l'atmosphère chaleureuse d'un petit établissement avec les avantages de l'université canadienne de renom à laquelle elle est rattachée. L'University of Alberta compte une population de près de 30 000 personnes. Son campus central est situé à environ 6 km à l'ouest de la Faculté Saint-Jean et est relié à celle-ci par un service de minibus gratuit. À la Faculté Saint-Jean, les petites classes fournissent un enseignement personnalisé axé sur l'échange intellectuel avec les professeurs. L'esprit familial qui se développe à l'intérieur de la Faculté amène une vie sociale fort active et diversifiée.

La Faculté Saint-Jean exerce un leadership national en ce qui concerne la formation des maîtres pour l'enseignement en milieu d'immersion et en milieu minoritaire. En tant que chef de file pour la promotion et l'avancement de la langue et de la culture françaises, l'institution se caractérise aussi par sa recherche interdisciplinaire en études canadiennes et en études sociopolitiques. Elle demeure également à l'avant-garde dans le domaine de l'histoire, de la civilisation et de la littérature d'expression française de l'Ouest canadien. Les origines de la Faculté Saint-Jean remontent au Juniorat Saint-Jean fondé par les Oblats en 1908. Le 27 novembre 1970, le Collège Universitaire Saint-Jean est nommé secteur bilingue de la University of Alberta. Le statut officiel de Faculté lui est accordé en septembre 1977 et sa dénomination devient Faculté Saint-Jean en mai 1978. Aujourd'hui, elle innove encore en offrant, avec la School of Business, un premier baccalauréat bilingue en administration des affaires au Canada.

Au premier cycle, la Faculté Saint-Jean offre des programmes en administration des affaires, en arts, en éducation et en sciences. Le large éventail de cours dans différentes disciplines vise un apprentissage adapté aux besoins de l'individu.

Pour les études de deuxième cycle, une maîtrise en sciences de l'éducation donne aux étudiants le moyen d'approfondir leurs connaissances dans un programme multidisciplinaire en langue, culture et sciences de l'éducation. En septembre 2003, une nouvelle maîtrise en arts en études canadiennes sera ajoutée à nos programmes.

Les diplômés de la Faculté Saint-Jean connaissent un excellent taux de succès en matière d'emploi, taux qui se situe entre 85 % et 100 % selon les programmes et les profils d'études.

En résidence

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Le bilinguisme des finissants de la Faculté Saint-Jean leur ouvre la porte à de nombreuses opportunités de carrière sur le marché international. Les étudiants de troisième et quatrième année dans le programme des Arts, Commerce ou Éducation peuvent, s'ils le désirent, suivre des cours au premier ou deuxième semestre en France, aux endroits suivants : Institut de Gestion sociale à Paris (Arts et Commerce) ou Institut de formation des maîtres à Toulouse (Éducation). Les contacts humains établis au Canada et en France deviennent un précieux atout pour les étudiants lorsqu'ils retournent dans leur pays d'origine.

 

En laboratoire

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La Faculté Saint-Jean offre des services informatiques complets que ce soit par l'entremise de sa bibliothèque qui donne accès à des banques de données reliées au monde entier, par ses laboratoires de micro-ordinateurs ou par sa salle de vidéoconférence interactive. De plus, un tout nouveau centre multimédia permet l'enseignement par des méthodes à la fine pointe de la technologie.

Pour une expérience encore plus approfondie du milieu francophone albertain et de l'esprit de camaraderie, une nouvelle résidence pour les étudiants a été construite sur le site de la Faculté. Cette résidence comprend 100 chambres avec salles de bain privées, grandes cuisines communes et autres facilités de logement.

 

Pour tout renseignement ou demande d'admission :

Faculté Saint-Jean,

University of Alberta

8406, rue Marie-Anne Gaboury (91e Rue)

Edmonton, Alberta Canada T6C 4G9

Téléphone : (403) 465-8703

Télécopieur : (403) 465-8760

Adresse électronique : fsj@gpu.srv.ualberta.ca

Site Internet : http://www.fsj.ualberta.ca

 

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CIMA International

 

À gauche : Hamidou Mamadou Abdou, Vice-président et directeur principal - À droite : Kazimir Olechnowicz, Président Directeur Général

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Un partenaire fiable

plus de quarante ans de services et de savoir-faire

 est une société multidisciplinaire oeuvrant dans les domaines de l'ingénierie et des nouvelles technologies.

Elle a été formée par la fusion successive et par l'intégration de firmes de génie-conseil dont les carnets de route s'enracinent sur plus de 40 ans de services et de savoir-faire.

CIMA International établit solidement sa réputation sur la compétence et la recherche de l'excellence, elle se distingue par son dynamisme et par l'intégration des nouvelles technologies dans ses processus afin d'apporter des solutions innovatrices à des problèmes de plus en plus complexes.

Elle est aussi reconnue pour son ouverture sur le monde, pour son implication dans les marchés domestiques et internationaux et pour les efforts qu'elle consacre au développement de ses ressources humaines.

Un partenaire efficace

pour réaliser le développement durable

 a développé une expertise Africaine des plus solide qui lui permet de se positionner comme un partenaire efficace pour l'atteinte des résultats visés par le NEPAD dans les domaines suivants:
infrastructures;

transport et nouvelles technologies de l'information et de la communication;

énergie;

eau et assainissement

éducation

santé

agriculture

environnement

culture et valorisation du savoir local.

CIMA International compte sur ses nombreuses ressources d'experts Canadiens et Africains pour assurer une gamme complète de services qu'elle rend dans le cadre d'un processus caractérisé par une très grande rigueur technique et un souci constant de réaliser un vrai transfert technologique en assurant la formation efficiente des homologues en place. Les services concernent généralement :

diagnostics sectoriels ;

plans directeurs et programmes d'investissement ;

études socio-économiques ;

analyses environnementales ;

animation et processus participatif ;

études de rentabilité et de faisabilité ;

estimations des coûts et analyses financières ;

assistance technique sur mesure ;

appui institutionnel et restructuration ;

études, expertises et devis techniques ;

appels d'offres et analyse des soumissions ;

contrôle et surveillance des travaux ;

études spéciales ;

évaluations d'ouvrages existants ;

formation de personnel et transfert technologique.

Un partenaire toujours présent

pour une plus grande rapidité de réaction

oeuvre sur le continent africain depuis plusieurs années et la gamme d'études et de projets où ses experts ont été affectés est très variée et couvre plusieurs aspects du Génie et du Management

CIMA International fournit des services pluridisciplinaires et sert une clientèle des plus diversifiée tant au Canada que sur le plan international, plus spécifiquement en Afrique ,en Asie, en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et dans les Caraïbes. Avec sa clientèle, elle met de l'avant un esprit d'ouverture et une mentalité axés sur la participation et la mise en commun des ressources et de l'expertise. CIMA International est présente et réalise des projets dans les pays suivants:

Algérie * Bénin *Burkina Faso * Burundi * Côte d'Ivoire* Guinée * Mali * Maroc * Niger * Nigeria * République Centrafricaine * République du Congo * République Démocratique du Congo * Rwanda * Sénégal * Tchad * Togo * Zimbabwe * Cisjordanie * Panama * Mexique * El Salvador * Honduras * Pérou * Venezuela * Costa Rica * Haïti * République Dominicaine * Cuba * Thaïlande * Indonésie * Russie * Chine.

Un partenaire de bonne réputation

l'assurance de services de qualité

Afin de maintenir et de renforcer sa réputation d'excellence, la firme investit dans l'amélioration de ses compétences techniques, technologiques et de gestion. L'ensemble de son personnel tire une grande fierté de son accréditation à la norme ISO 9001 et poursuit inlassablement sa démarche d'amélioration continue de ses processus reflétant ainsi son engagement à livrer jour après jour des services de qualité.

Prix et reconnaissances

Sociétés privées les mieux gérées au Canada

1995, 1996 et 2002

Arthur Andersen/Financial Post

Dunamis-Méritas

Prix pour l'entreprise la plus performante 1994

Chambre de commerce de Laval

Optima

Prix pour le développement de la main d'oeuvre 1995

Société québécoise de développement de la main d'oeuvre

Mercuriades

Prix catégorie Performance énergétique 1995

Chambre du commerce du Québec

Prix catégorie ´ Grandes Entreprises ª, la chambre de Commerce du Québec

finaliste lors du concours des Marchés Internationaux 2002

Performas

Prix catégorie des services professionnels 1995

Chambre de commerce de Vaudreuil-Dorion

Oriflamme

Prix pour les améliorations apportées aux équipements de chauffage de l'eau pour usage industriel (1997). Industrie Québécoise du gaz naturel

Ministère des affaires municipales du Québec

Prix pour le projet Expérimentation de diverses technologies en réhabilitation de regards d'égout.

ACI Région de l'Est du Canada

Prix au mérite pour une réalisation innovatrice dans le domaine du béton (1988)

Ministère de l'Environnement du Québec

Prix d'excellence à la Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique et ses collaborateurs dont CIMA+ pour le succès de l'événement immobilier éloquent qu'est le projet de revitalisation Angus.

Phénix de l'environnement 2002

Prix décerné à la Ville de Longueuil (arrondissement de Boucherville) et CIMA+ pour l'excellent mariage entre les arts, l'ingénierie et l'urbanisme dans la réalisation du projet de gestion des eaux pluviales du secteur Harmonie

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CONTACT :

CIMA INTERNATIONAL

Adresse :

3400, boul. du Souvenir, bureau 600

Laval (Québec) Canada

H7V 3Z2

Téléphone (450) 688-4970

Télécopieur (450) 682-1013

http://www.cima.ca

Répondant :

Hamidou Mamadou Abdou, ing. Ph.D. MBA

Vice-président, Directeur Principal

Adresse électronique :

hamidou.mamadou@cima.ca

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Magazine Transatlantique - Février 2003 - 1