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Allocution de Guylaine Poirier À l’occasion de la journée internationale des femmes


Allocution de Guylaine Poirier
À l’occasion de la journée internationale des femmes
Événement organisé par AECOMETH
Mars 2014

Mesdames et messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier les organisatrices de l’événement de m’avoir invitée à prendre la parole cette après-midi, à l’occasion de la journée internationale des femmes. Je me sens vraiment privilégiée d’être parmi vous.

J’aimerais vous parler d’un outil démocratique que la Ville de Montréal a mis sur pied en 2004 et qui travaille à l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes : le Conseil des Montréalaises.

HISTORIQUE

2002

Engagements du Sommet
  1. Créer un comité aviseur en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.
  2. Créer un bureau Femmes et ville sur la condition féminine.
  3. Élaborer et mettre en œuvre une politique municipale d’égalité entre les femmes et les hommes.
  4. Intégrer l’approche différenciée selon les sexes (ADS) à la gestion municipale.
  5. Élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement sécuritaire.
Mai 2004

Le conseil municipal de la Ville de Montréal a créé le Conseil des Montréalaises le 18 mai 2004 et nommé les 15 premières membres le 27 septembre 2004. Ce Conseil est composé et représenté par une diversité des femmes de Montréal en termes d’âge et en termes d’intérêt, qui contribuent par leur expertise à l'avancement des débats et décisions qui touchent les Montréalaises. Le mandat des membres est de 3 ans, renouvelable 1 fois.

MISSION

MANDAT

AXES D’INTERVENTION

  • Gouverner la ville
  • Travailler à la Ville
    • Les femmes à l’emploi de la Ville

  • Vivre en ville
    • L’amélioration des conditions de vie

  • Le développement et la consolidation du Conseil

  • Comme 51,5 % des Montréalais sont des Montréalaises, toutes les compétences municipales nous intéressent, c’est pourquoi nos travaux ont porté sur de nombreux sujets qui concernent les conditions de vie et de travail des Montréalaises.

    VIVRE EN VILLE


    Constat numéro 1 : Les Montréalaises sont plus pauvres que les hommes
    Les femmes à la tête d’une famille monoparentale, les aînées, les immigrantes et les femmes en situation de handicap sont particulièrement touchées par la pauvreté.

    Pour tenir compte des questions qui touchent de près les femmes, nous avons choisi d’être en relation avec les groupes de femmes sur le terrain. En 2005, elles nous ont dit que les deux enjeux prioritaires pour les femmes, dans un contexte de lutte à la pauvreté, étaient l’accès à un logement décent, abordable et sécuritaire et à un réseau de transport en commun efficace et abordable.

    Il y a lieu de croire que les femmes en situation de pauvreté sont désavantagées face à une hausse du coût des loyers et qu’elles se retrouvent, bien souvent, à habiter des quartiers défavorisés1 , pauvres en services de proximité.


    Constat numéro 2
    Les femmes sont moins mobiles que les hommes et cela a un impact sur leur intégration sociale et économique.

    Par l’enquête origine-destination, on sait que les femmes sont les principales utilisatrices du transport en commun. De plus, on sait qu’elles circulent davantage autour de leur lieu de résidence. Notre étude a confirmé que les femmes utilisent différemment les transports collectifs. Elles font plus de parcours brisés pour s’occuper des tâches liées à la famille, elles éprouvent plusieurs difficultés reliées à la mobilité (enfants avec poussette, femmes avec handicap, femmes vieillissantes). Elles éprouvent fréquemment un sentiment d’insécurité aux arrêts d’autobus, particulièrement en soirée.

    Les femmes en situation de pauvreté n’ont pas les moyens d’acheter la carte mensuelle, ce qui limite leurs sorties ou encore les force à marcher sur de longues distances, ce qui crée de l’isolement.

    Le Conseil a recommandé à la STM de revoir les dessertes locales pour s’assurer que les femmes puissent se déplacer plus facilement dans leur arrondissement.

    Offrir une tarification sociale pour les personnes à faible revenu est une recommandation qui va dans le sens de lutter contre la pauvreté et de s’assurer que les Montréalaises peuvent participer à la vie de la communauté.

    Constat numéro 3
    Nous sommes de plus en plus préoccupées par les effets de l’intersectionnalité des oppressions. Les femmes qui vivent une double et une triple discrimination rencontrent des obstacles majeurs dans leur accès à l’emploi, à un logement, à la possibilité de participer à la vie de la cité. Je pense aux femmes des minorités visibles, aux Autochtones, aux immigrantes et aux femmes vivant avec un handicap. Montréal doit prendre agir pour que la ville soit plus inclusive et égalitaire.

    Nous travaillons également sur deux autres axes : la Ville comme employeur et la gouvernance en faveur de l’égalité.

    TRAVAILLER À LA VILLE

    Nous avons réalisé deux grandes recherches qui concernent la Ville en tant qu’employeur. La première a traité des obstacles qui freinent l’ascension professionnelle des femmes cadres à la Ville de Montréal et a rejoint plus de 650 cadres lors de cette enquête. La deuxième, parue au printemps 2013, fait état des réalités rencontrées par les femmes col bleu lors de l’embauche, l’accueil et l’intégration dans des emplois majoritairement masculins. Encore ici, 650 employés cols bleus, femmes et hommes, ont participé à la recherche.

    GOUVERNER LA VILLE

    Depuis 1986, les femmes ont fait une percée dans la vie politique municipale à Montréal. Elles prennent de plus en plus leur place et représentent 42 % des élus à Montréal. Pourtant, la parité n’est toujours pas acquise dans les postes décisionnels, là où est le pouvoir.

    La gouvernance en faveur de l’égalité demande que des gestes concrets soient appliqués. Le Conseil des Montréalaises, tout comme la politique d’égalité de la Ville, met en avant l’utilisation de l’analyse différenciée selon les sexes. C’est une sorte de GPS qui va nous permettre de mesurer si les politiques, les plans d’action, les mesures, favorisent autant les femmes que les hommes, les filles que les garçons. L’ADS permet d’évaluer si les actions prises contribuent à réduire et à éliminer les inégalités.

    Nous avons aussi comme mandat de contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique d’égalité adoptée en 2008. Nous espérons que le prochain plan d’action aura des répercussions dans tous les arrondissements. C’est un outil intéressant si on s’en sert pour réaliser des actions et des projets concrets.

    Donc, depuis 10 ans, nous avons produit plus de 20 études, avis et mémoires qui visent à mettre en lumière des besoins des femmes qui ne sont pas assez ou pas du tout pris en compte. Nous avançons à petits pas et souhaitons que Montréal soit de plus en plus proactive pour que l’égalité de droit devienne réellement une égalité de fait.

    Je vous remercie de votre attention!

    1Conférence régionale des élus de Montréal, L’égalité entre les femmes et les hommes : un objectif toujours à poursuivre, 2005, p. 17.

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