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Notes sur la conférence Fanm fo

AnacoanaANACAONA
(14...-1503)


Origine:
Son nom signifie Fleur D'Or. On ne connait pas l'année de naissance mais elle est décédée en 1503. Anacaona était une princesse issue d'une ethnie amérindienne étant les Taïnos. Elle occupait les grandes îles avant la colonisation européenne au XVe siècle. À L’époque, Haïti se nommait Quisqueya et regroupait Haïti et la République Dominicaine. Elle était divisée en 5 grandes caciquats (royaumes). Anacaonna était la cacique (reine) du plus grand, plus prospère caciquat de l'île d'Hispaniola celui du Xaragua ou Jaragua (actuelle pays d’Haïti). Son royaume était situé le nitaïnos (la ville) de Yaguana (l’actuelle Léogane). Avant elle, son frère aîné Bohechio a gouverné le Xaragua qui comptait 26 nitaïnos (villes) jusqu'à sa mort. Puis comme il n'a jamais donné aucun enfant à ses 32 épouses, c'est sa jeune sœur, Anacaona, seule héritière au trône, qui l’a succédé.

Contexte social:
Anacaona était une reine mariée au cacique (roi) Caonabo. Il était le plus puissant, influent et agressif des chefs de l’île Quisqueya. Il dirigeait le caciquat (royaume) de Maguana étant considéré comme la capitale de l’île Quisqueya. Les chroniqueurs relatent qu’Anacaona et son mari étaient très amoureux. Comme le droit de gouvernance à l'époque était héréditaire et absolu, Anacaona était autorisé à le rejoindre et vivre quelques mois par année avec lui au caciquat de Maguana. Puis, elle devait revenir pour continuer à régner sur le caciquat du Xaragua. La période de son règne s'est déroulée au cœur d'une grande problématique: Celle de la colonisation espagnole. Plusieurs caciquats dont celui de son mari combattait farouchement l'invasion espagnole. Elle s'est rapidement ralliée à la cause de son mari pour être en mesure de remplir une mission: Sauver le peuple Taïnos

Attributs:
Anacaona n'a pas pris les armes de guerre comme son époux. Elle a utilisé d'autres armes à sa portée; ses talents artistiques (chant et poésie), sa beauté, son intelligence et son art oratoire. C'est une femme qui avait le don de captiver les foules. Selon les rapports de l'époque, tout le monde l'appréciait. Elle était très populaire, adulée et respectée. Rapidement, elle fut un outil de promotion pour rassembler l’ensemble des Taïnos de l’île à la résistance étrangère!

Choix:
Elle a sacrifié son statut social, sa noblesse, son couple, sa famille, son aisance, etc. Elle a utilisé tout ce qu'elle avait pour faire des croisades auprès des différents caciquats pour les inciter à résister à l'invasion espagnole. Elle a rencontré les colons et leurs chefs pour négocier des traités de paix. Dans des atmosphères festives, elle organisait des tournées artistiques, célébrations thématiques, etc. Elle a décidé de vouer sa vie à la cause de la survivance de son peuple. Elle fut un martyre et sa fin fut tragique : Elle fut kidnappée par les Colons, accusée de haute trahison à et condamnée à la pendaison.

Son héritage:
Grâce à son implication, elle a contribué à ce que son peuple résiste pendant 1 siècle aux colons espagnols. Aujourd'hui, en Espagne comme dans plusieurs pays latins, Anacaona est élevé au rang des déesses. Elle a tellement marqué sa génération que même ses ennemis de l’époque, Les Espagnols, la reconnaisse aujourd’hui comme une héroïne. Elle fait partie intégrante de leur héritage culturel. Malgré le déciment de ce peuple au XVIe siècle, on retrouve quelques rares descendants des Taïnos vivants aujourd’hui dus aux métissages avec les colons ainsi que les esclaves africains. Anacaona a prouvé qu'il fallait rester soi-même et égal à soi-même en utilisant ses talents, ses dons, son statut pour édifier et non pour oppresser. Elle a embrassé une cause qui la concernait de près. Elle a assumé ses responsabilités pleinement en tant que souveraine.

ABDARAYA TOYAABDARAYA TOYA
(17..-1805)


Origine:
Adbaraya Toya alias Victoria Montou est originaire du Royaume de Dahomé (actuelle Bénin). Elle était une sage-femme, une guerrière et une guérisseuse. Comme le pouvoir de son royaume était partagé par le conseil des hommes et le conseil des femmes, elle faisait partie du conseil des femmes de son Royaume. Elle fut enlevée et déportée en Haïti pour être asservie aux Colons. Sa date de naissance est inconnue mais elle est décédée en 1805.

Contexte social:
L'esclavage existe depuis plus que 3 siècles mais le 19e siècle sonne le glas du début de la fin de cette pratique! Beaucoup d'instabilité sociale en Haïti et dans le monde. La colonisation n'est plus espagnole seulement mais essentiellement française. Les guerres ont lieu en Europe. Beaucoup d'insurrections et de soulèvements d'esclaves dans les pays de la Caraïbes. La Révolution française entraîne de graves bouleversements sociaux dans les petites Antilles comme à Saint-Domingue (actuelles Haïti et République Dominicaine). La révolte des esclaves en 1793 abouti à l’abolition de l'esclavage par les commissaires civils Sonthonax et Polverel, décision avalisée et généralisée à l’ensemble des colonies françaises par la Convention six mois plus tard. Donc, la première date reconnue à l’abolition de l'esclavage est le 4 février 1794.

Attributs:
Abdaraya Toya était un leader loyal et puissant. Elle était intelligente, une stratège exercée, disciplinée, forte, habile, courageuse, téméraire, coriace et fière. C'est une femme qui défendaient ses convictions au prix fort de sa vie.

Choix:
Toya s’est sacrifiée en effectuant des campagnes de soulèvements des esclaves, elle a formé plusieurs aux maniements des armes, entre autre, le légendaire Jean-Jacques Dessalines. À cet effet, l’histoire relate que la mère de Dessalines et Toya étaient amies. Lorsque la mère de Dessalines était mourante, elle a confié le jeune Dessalines à Toya et lui a fait promettre de lui insuffler sa passion et son rêve : La liberté du peuple Noir. C’est elle qui a élevé Dessaline en l’enseignant les rudiments de guerre mais également différentes langues africaines, l’histoire de ses ancêtres, etc. Elle s'est assurée de répondre aux besoins (nourriture, logis, vêtements, etc.) des plus démunis. En tant que chef de groupe d'esclaves dans les champs de cotons, elle a fait preuve d’humilité et de compassion pour subvenir en aide à ses frères et sœurs Noirs et non les opprimer.

Son héritage:
Elle a été la tutrice d'un des plus grands révolutionnaires de l'histoire d’Haïti. Elle a participé activement comme chef de troupes lors des insurrections. Malgré qu’elle fût âgée d’une soixantaine d’années lors de la révolution, elle s’est battue jusqu’à son dernier souffle. D’ailleurs, à la dernière insurrection à laquelle elle a participé, elle a dû être maitrisée par 3 colons pour finalement avoir raison d’elle. Elle est parvenue à ses fins et elle a pu vivre la proclamation de l'indépendance d'Haïti!

CATHERINE FLONCATHERINE FLON
(…-…)


Une action a suffi pour immortaliser le nom de cette femme… Une métisse au nom de Catherine Flon a eu le génie de matérialiser l’identité haïtienne à un moment stratégique de sa révolution en confectionnant le premier drapeau officiel haïtien.

L’histoire relate que plusieurs versions à son histoire mais nous décidons d’exposer celle-ci…

Catherine Flon était originaire de L’Achaïe. À l’époque de la révolution, elle avait décidé de supporter sa nation en ne fuyant pas Haïti alors que sa famille immigrait en France. Elle était une commerçante prospère dans la vente de tissus importés et gérait également un atelier de couture. En février 1802, après que les troupes de Dessalines aient vaincus un bataillon Français, un prisonnier, officier français, l’insulte sur le fait que ce dernier brandit fièrement le drapeau Français lors de ses expéditions tout en combattant les auteurs du drapeau. En guise de riposte, Dessalines saisi un drapeau français, arrache le pan blanc et dit à l’officier : Voilà, ceci n’est plus un drapeau français! C’est à ce moment qu’il eut l’idée de créer une commission qui serait chargée de choisir le nouvel emblème représentant la nation Haïtienne à venir… Dessalines chargea le général Clerveaux de cette mission mais de son côté, le général Clerveaux cherchait une personne de confiance pour mener à bien ce projet. Grann Guiton, une prêtresse Vodou, lui recommanda Catherine Flon. Lettrée et compétente, Clerveaux se souvient avoir déjà travaillé avec Catherine. En effet, elle leur avait servi de secrétaire dans le passé sur d’autres commissions. Elle participa avec brio à l’élaboration de cet étendard qui dans les moindres coutures avaient une signification. Son nom et sa grande renommée sont associés au drapeau haïtien puisqu’elle s’est investie grandement à son élaboration. Les écrits rapportent certains faits et détails à cet effet : « Les rapports de la Commission expliquant leur fonctionnement et leur choix furent rédigés par elle : « Nous, la Commission du drapeau, avons choisi, pour notre Nation à naître et à nommer, un bicolore vertical. Cette position verticale représente un Peuple debout pour forger sa destinée. La couleur noire sur la rampe symbolise le Peuple, et la couleur rouge, bravant le vent, évoque la victoire ainsi que le prix de cette victoire. »

Katherine a eu pour mission encore de fabriquer des drapeaux en série pour tout le pays. Elle organisa l’importation de tissu rouge d’Italie, car il fallait d’un rouge uniforme à travers la Nation. Elle avait pensé aux moindres détails et l’esthétisme du drapeau n’échappait pas aux exigences de Elle a aussi établi des normes concernant les différentes dimensions de drapeau pouvant flotter sur les institutions du pays selon une hiérarchie bien déterminée. Elle a défini des règles sur l’état physique et les conditions dans lesquelles un drapeau pouvait flotter et sur quels bâtiments militaires, publics et privés. Elle a aussi énuméré des situations dans lesquelles un drapeau ne saurait flotter. « Le drapeau étant le symbole de la Nation, toutes détériorations du drapeau seront indicatives de malaise de la Nation. Si un jour nous commençons à laisser flotter des drapeaux décolorés, ce sera un signal que nous perdons foi en nous-mêmes ; flotter des drapeaux décousus annonce le détachement par rapport aux Ancêtres ; laisser flotter des drapeaux froissés signale la perte collective de respect ; faire flotter des drapeaux troués signifie une faiblesse nationale profonde, par conséquent la Nation est en danger de disparition … »

En mai 1803, au Congrès de l’Arcahaie, il y a un accord unanime du camp révolutionnaire sur sa proposition de drapeau. Le 1er janvier 1804, si des drapeaux de teintes identiques ont apparu sur tout le territoire, c’est grâce à la créativité, l’investissement, la détermination, la capacité de mobiliser et d’organiser, le sérieux et le don de soi de Katherine Flon.» (D’après un texte de Bayyinah Bello – Fondation Marie Claire Heureuse Félicité Bonheur Dessalines d’Ham.
Trouvée sur le site http://www.unionfemmesmartinique.com/?article-545-katherine-flon-heroine-de-haiti)

MARIE-CLAIRE HEUREUSE DESSALINESMARIE-CLAIRE HEUREUSE DESSALINES
(1758-1858)


Origine:
Elle est née en 1758 à Léogane, de Bonheur Guillaume et Marie-Sainte Lobelot. Famille de condition modeste, Marie Claire Heureuse verra très tôt son éducation confiée à sa tante Elise Lobelot, gouvernante chez les religieux de l'ordre de Saint-Dominique.

Contexte social:
Elle a vécu les périodes de la Pré-révolution, la révolution et la post-révolution haïtienne. Famille d'esclave affranchis, elle a passé une partie de sa vie au couvent. Son premier mari est mort peu après leur mariage. Elle fut l’une des premières infirmières de guerre reconnue en Haïti. Elle sera la première impératrice d'Haïti puisqu'elle épousera Jean-Jacques Dessalines le 21 octobre 1801.

Attributs:
Humble, dévote, paisible, intègre, douce, généreuse, son élégante simplicité de mœurs et sa soif de justice. Elle possédait une sagesse et une humanité hors du commun pour tout le monde. On disait d’elle qu’elle n’avait pas d’ennemie.

Choix:
Elle a risqué sa vie, sa santé et son mariage pour assurer la survie de son prochain. Les écrits ressassent un événement survenu à Jacmel, lors d'une guerre civile, où elle a pu obtenir l'autorisation d'un commandant pour réhabiliter un village entier ravagée par la famine, la maladie et la mort. Elle a effectivement sauvé une bonne partie des habitants du village en les soignant, en leur donnant de la nourriture, en reconstruisant des habitations, etc. Même lorsqu'elle est devenue impératrice, elle a continué à prendre soin des nécessiteux. Lorsque son mari est décédé, elle fut arrêtée et séquestrée pendant plusieurs années chez elle. Par la suite, un nouveau gouvernement a demandé que l'on lui verse une pension pour sa contribution légendaire. Au bout de ses années, son petit-fils au pouvoir a arrêté le versement à cause de fausses accusations retenues contre elle ayant rapidement été démenties. Déçue, lorsque ce dernier lui offrit de lui faire une visite d'hommage, elle refusa. On essaya de tripler l'offre de pension précédente… Elle refusa de l'accepter et mourut dans des conditions modestes.

Son héritage:
Elle a été un modèle de femme accomplie, intègre, sage et généreuse. Une force tranquille qui, dans la disette comme dans l'abondance, a fait preuve d’une bonté immuable. Elle a connu des adversités incroyables mais elle ne s’est jamais compromise et a toujours fait le choix de vivre et partager l’amour.

YVONNE HAKIM-RIMPELYVONNE HAKIM-RIMPEL
(1906-1986)


Origine:
Elle est née à Port-Au-Prince en 1906. Ses parents sont Marie Louise Horatia Benjamin (descendance juive) et de Eli Abdallah Hakim (descendance arabe ou syrienne). Alors qu’elle n’était qu’un bambin, elle fut promise, en mariage, au fils, d’un couple ami de ses parents : les Rimpel. Elle n'est pas encouragée à continuer ses études. Donc, à 14 ans, elle a quitté l'école pour épouser son promis.

Contexte social:
Elle a connu l'occupation américaine et la succession de gouvernements fantoches. Ayant connue beaucoup de défis à cause du fait qu'elle était une femme, elle a décidée de se vouer à la cause des femmes. Il existait un climat d’insécurité pour les plus démunis et pour les individus s’opposant au gouvernement dictatorial de l’époque. Plus précisément au règne des Duvalier.

Attributs:
Intellectuelle, militante, passionnée et intègre, Yvonne a bravé tous les contextes sociaux pour faire valoir les droits de tous et chacun.

Choix:
Malgré qu’elle a eu une éducation austère, elle est parvenue, non sans embûches, a complété ses études en droit. Du coup, elle se rend compte qu'il n'existe pas de droits civiques pour les femmes. Ce qui a initié son combat pour la cause des femmes. En 1934, elle a joint la ligue féminine d'action sociale d'où elle fut la rédactrice de l'éditorial de la ligue "la voix des femmes". En 1938, elle se divorce à l'amiable et devient mère monoparentale. Malgré son statut impopulaire à l’époque, elle s'est impliquée à multiples campagnes d'œuvre humanitaire pour aider les démunis. Elle avait également une soif de justice sociale. Elle a utilisé ses talents d’actrice de théâtre et la plate-forme que lui conférait son poste de fondatrice-rédactrice du journal bi-mensuel l'Escale pour dénoncer, informer et encourager le peuple à exiger le progrès vers une politique faisant la promotion de la démocratie.

Son héritage:
En 1957, elle participe activement à la campagne électorale encourageant publiquement le gouvernement de Déjoi. L'opposition en vigueur est François Duvalier. À l'époque, il avait très bonne réputation. Il était considéré comme un homme de progrès. Yvonne n’en fut nullement impressionnée spécialement lorsque le général Kebreau, fervent partisan de Duvalier, multipliait les agressions et abus auprès de la population, spécialement contre les opposants de Duvalier. Tout au cours de la campagne, Yvonne dénonçait ouvertement à travers son journal et rapportait au peuple tout que Kébreau faisait. Elle fut rapidement sur la mauvaise liste de Duvalier… En janvier 1958, une demi-douzaine d'hommes entrent chez elle par infraction et brutalisent ses enfants. Pour sa part, elle se fut kidnappée, violée et laissée pour morte sur une route déserte. Elle subit une opération qui dura plus de 10 heures et elle passa plus de 2 mois à l'hôpital pour se rétablir. Son cas a été vivement dénoncé par des ligues féminines. Au début, une enquête est ouverte mais rapidement fermée pour cause d'insuffisance de preuves pour identifier les assaillants. Mêmes des organisations nationales et internationales des droits de la personne font pression sur le gouvernement haïtien pour dénoncer l’impunité des criminels. Le gouvernement alarmé fabrique une accusation contre Yvonne qui par conséquent la force à signer un démenti qui dégage les autorités de la milice des agressions perpétrées en 1958 contre elle et ses enfants. Évidemment, elle se fait passer pour une fraudeuse, menteuse et le tout est médiatisée… 25 ans de militantisme qui se solde à cela… Elle décida de continuer à enseigner ses enfants à défendre leurs valeurs. De plus, elles les a exhorter à jamais chercher à se venger de l’injustice mais à pardonner aux oppresseurs.

ERTHA PASCAL-TROUILLOTERTHA PASCAL-TROUILLOT
(1943-…)


Origine:
Née à pétionville le 13 août 1943. Fille de Thimoclès Pascal (forgeron) et Louise Dumornay (couturière).

Contexte social:
Instabilité politique et sexisme. Ertha a toujours brillé dans son parcours académique et professionnel. Effectivement, elle fut toujours première de classe. Elle a été la première à soutenir un mémoire à la fin de ses études en droit sur le statut juridique de l'Haïtienne dans la législation sociale. Elle a été la première femme membre du conseil de l'ordre des avocats du Barreau de Port-Au-Prince. Elle a été la première haïtienne juge au tribunal civil de Port-Au-Prince, la première à la Cour d'appel et à la cour de cassation. Finalement, elle a été la première et jusqu'ici l'unique femme qui fut chef de l'État haïtien.

Attributs:
Génie (toujours 1ère de classe), professionnelle, disciplinée, déterminée, ambitieuse, responsable et courageuse.

Choix:
Sacrifier son confort et sa vie pour assumer ses responsabilités citoyennes. Présidente de la République à titre provisoire de mars 1990 au 7 février 1991, elle fut la première aussi à organiser les élections générales de 1990-1991 à Haïti (élections démocratiques) qui ont porté Jean-Bertrand Aristide au pouvoir. Elle devint présidente de la République, à titre intérimaire, le 13 mars 1990, trois jours après un coup d'État au cours duquel le général Hérard Abraham avait renversé le gouvernement en place. Le général avait pris le pouvoir après que des manifestations de rue eurent contraint le précédent président, Prosper Avril, à partir en exil. De discrètes négociations s'engagèrent rapidement conduisant le général putschiste à remettre volontairement le pouvoir à la plus haute autorité civile de l’époque, en la personne d'Ertha Pascal-Trouillot, qui exerçait jusque-là les fonctions de présidente de la cour suprême d'Haïti. Le général Abraham est le seul exemple de putschiste haïtien à avoir volontairement restitué le pouvoir à une autorité civile, au cours du XXe siècle. L'essentiel du temps d’Erthe à la tête du pays était consacré à maintenir la paix civile et à préparer l'organisation d'une élection présidentielle, la première qui se soit déroulée, sans contrainte, en Haïti. Le 16 décembre 1990, Jean-Bertrand Aristide remportait le scrutin, avec 67 % des voix. Toutefois, il est important de mentionner qu’avant l'achèvement de la période intérimaire, une tentative de coup d'État eut lieu, en janvier 1991, au cours de laquelle Roger Lafontant faillit s'emparer du pouvoir. Mais le général Abraham fit échouer la tentative de coup d'État, permettant une libre transition démocratique, le 7 février 1991, entre Ertha Pascal-Trouillot et Jean-Bertrand Aristide.

Son héritage:
Elle est une forme d'héroïne des temps modernes pour tous gouvernements à travers le monde. Son parcours académiques et professionnels sont des modèles d’excellence convoités par tous!

MICHAËLLE JEAN MICHAËLLE JEAN
(1957-…)


Origine:
Née à Port-Au-Prince le 06 septembre 1957. Fille de Roger Jean (directeur Collège St-Pierre) et Luce Depestre directrice de l'école primaire Bocage enfant modèle en Haïti et infirmière au Canada

Contexte social:
Michaëlle Jean passe son enfance dans un quartier de la classe moyenne de la capitale d'Haïti, Port-au-Prince, où son père est directeur d'école et professeur de philosophie dans un lycée protestant privé. Elle poursuit ses études à la maison parce que ses parents, Roger et Luce, ne veulent pas qu'elle fréquente l'école où elle devrait prêter serment d'allégeance au dictateur François « Papa Doc » Duvalier. En 1965, son père est arrêté et torturé. En 1967, il s'enfuit au Canada, et sa famille le rejoint l'année suivante.

Attributs:
Femme engagée, combattante, intelligente, ambitieuse et passionnée

Choix:
Confronter ses peurs et craintes reliées à l'univers de la violence. Malgré l’exil, la séparation de ses parents, elle ne cède pas ses rêves et aspirations. Elle étudie à l'Université de Montréal, où elle obtient un baccalauréat en langues et littératures hispaniques et italiennes. Elle y poursuit ses études supérieures en vue d'une maîtrise en littérature comparée, y enseigne l'italien et gagne des bourses d'études qui lui permettent de faire plusieurs voyages en Italie pour étudier dans les universités de Pérouse, de Florence et de Milan. Elle parle couramment cinq langues (le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol et le créole haïtien). Radio-Canada l'embauche, elle devient la première personne de race noire à travailler à un service des nouvelles de la télévision française au Canada. Dès lors elle collectionne les postes à la télévision. Sa carrière télévisuelle, près de 16 ans, lui a valu de nombreux prix. Puis, assermentée le 27 septembre 2005, elle succède à Adrienne CLARKSON et devient la première personne de race noire à occuper le poste de gouverneur général. Elle fut une Envoyée spéciale de l'Unesco en Haïti et aujourd’hui, elle est secrétaire générale de la francophonie.

Son héritage:
Exemple parfait pour les réfugiés, les exilés, les gens de la diaspora ou les enfants de la diaspora haïtienne à travers le monde… Elle aime ses origines ou héritages culturels dans les bons et mauvais jours. Elle n’abandonne pas ses rêves même lorsque tout augure mal

Informations sur l’auteure de l’article

PATSY FAUBLAS

Née à Montréal, elle nourrit un amour profond pour son héritage culturel haïtien. Elle est introduite au monde du spectacle et de la danse dès l'âge de 7 ans. Elle a organisé plus d'une cinquantaine d'événements artistiques et culturels. Aujourd'hui, elle utilise l'art pour promouvoir le renforcement identitaire et l'évolution de la communauté Noire. Aspirante candidate au doctorat en psychologie industrielle, elle souhaite contribuer à l’essor de la communauté Noire vivant au Canada au point de vue économique, social et politique.

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